La cour d'assises d'Anvers a condamné lundi Rennlhij Manuela, après trois heures et demie de délibération, à 23 ans de prison pour l'assassinat de son fils Jairon, âgé de 14 ans. Quatre personnes vivant sous le même toit ont écopé de peines de prison allant jusqu'à trois ans avec sursis pour avoir privé l'adolescent de soins médicaux.
Le père de Jairon condamné à 23 ans de prison pour l'assassinat de son fils
Le ministère public avait requis vingt ans de prison à l'encontre du père de famille âgé de 47 ans et trois ans de prison ferme contre les autres accusés. La peine infligée à Manuela est donc plus lourde que celle requise par le ministère public. Le 25 février 2022, la police s'était rendue pour vérification dans une villa de Turnhout (Anvers), louée par les accusés.
La mère de Jairon, très inquiète pour son fils, avait alerté les forces de l'ordre. Elle n'avait en effet plus vu son fils ni ses deux frères depuis la mi-décembre 2021. Ses autres enfants l'avaient en outre informée que Jairon était malade. Elle s'était alors rendue à plusieurs reprises au domicile loué, mais son ex-mari et ses colocataires lui avaient systématiquement affirmé que ses fils étaient absents.
La police avait découvert Jairon mort dans son lit. L’adolescent était décédé 8 semaines plus tôt et le corps était déjà en état de décomposition. Une autopsie a été réalisée sur l'adolescent, la présence de Kétamine a été décelée mais la cause exacte du décès n'a pas pu être déterminée. Le père Rennlhij Manuela et ses colocataires ont expliqué que Jairon était tombé malade à la fin de l'année 2021. Ils n'avaient cependant pas fait appel à un médecin parce que son état ne semblait pas alarmant.
Début janvier, son état s'est dégradé après une chute sur la tête dans la salle de bains, selon les accusés. Au lieu d'appeler le secours, ils ont préféré prier pour sa guérison. Peu après, Jairon est décédé. Ils l'ont laissé dans son lit et ont continué à prier pour que Dieu le ramène à la vie.
Au cours du procès, des témoins ont affirmé que les accusés formaient une secte, avec Rennlhij Manuela pour chef.
D'après le verdict du jury, en s'abstenant délibérément de solliciter une aide médicale, le père "a accepté la mort de son fils comme une conséquence inévitable. Il a choisi de faire confiance de façon radicalement aveugle à une prétendue aide divine. Il aurait pu revenir sur cette décision jusqu'aux dernières heures précédant le décès, mais il a persisté dans sa conduite."
