La ministre flamande des Affaires intérieures, Hilde Crevits, a demandé au gouverneur de la province de Flandre occidentale, Carl Decaluwé, de mener une enquête préliminaire sur les problèmes qui se posent à la ville d'Ostende, a confirmé la ministre CD&V ce vendredi. En cause, de nombreuses plaintes au sujet du comportement de la première échevine Charlotte Verkeyn (N-VA) à l'égard des services de la ville. Un rapport conseille même de lui retirer ses compétences, voire de se passer d'elle. L’administration communale s’est mise en affaires courantes et ne prend plus de nouvelles décisions actuellement.
Ostende en crise à cause du comportement d'une échevine, le gouverneur Decaluwé chargé d'une mission d'enquête
Au mois de juin, des membres de l'administration communale ostendaise se sont plaints du comportement de l'échevine Verkeyn, qualifié par ses détracteurs de toxique: accumulation de missions, mise sous pression de membres du personnel, mise en cause de l'intégrité et de l'engagement desdits fonctionnaires envers la ville, etc. L’opposition affirme que la première échevine fait preuve d'une trop grande inconstance dans l'attribution des tâches, critique ouvertement ses employés et ne respecte pas les horaires de travail.
Les plaintes ont mené à la désignation d'un expert indépendant - la société de consultance EY - sous l'égide d'Audit Vlaanderen, le service d'audit de la Région flamande. Des entretiens ont été menés avec une trentaine de personnes, non seulement des agents mais aussi d'autres échevins et des membres de cabinet. Les conclusions sont cinglantes, selon plusieurs médias flamands: la collaboration entre l'administration et la première échevine n'est plus possible, il est conseillé de mettre un terme à celle-ci ou de redessiner les compétences.
Il incombe d'abord à la Ville d’Ostende de résoudre le problème, estime la ministre des Affaires intérieures Hilde Crevits. Elle a néanmoins chargé le gouverneur de Flandre occidentale d'une mission d’information sur la situation. "Si vous avez connaissance de situations graves, vous pouvez, en tant que ministre, demander au gouverneur de mener une enquête préliminaire. Il ne s'agit pas d'une enquête disciplinaire, mais d'une enquête visant à établir les faits en cours au sein d'une administration locale. Il s'agit d'être bien informé pour l’éventualité où il faudrait intervenir ultérieurement", a expliqué la ministre à VRT NWS.
L'opposition est inquiète
Le dossier est politiquement sensible. L'opposition au conseil communal presse le bourgmestre John Crombez (Vooruit) d'intervenir. Charlotte Verkeyn est également députée à la Chambre et son éviction pourrait fragiliser l'alliance entre Vooruit et la N-VA dans la cité balnéaire. Or, c'est par ce biais que les socialistes flamands ont pu reprendre le maïorat aux libéraux après les dernières élections communales.
Le cabinet du bourgmestre n'a pas souhaité réagir jeudi soir. John Crombez aurait informé le conseil communal, il y a deux semaines, via une note précisant que le collège se limitait provisoirement aux affaires courantes. Il rappelait également à l’échevine Verkeyn que "nous nous parlons directement les uns avec les autres, sans parler les uns des autres, et nous adoptons un ton calme et professionnel."
Depuis l'opposition, le parti d'extrême droite Vlaams Belang a appelé au retrait volontaire de l'échevine Charlotte Verkeyn et demandé que le conseil communal soit informé de la mission, du déroulement et des conclusions de l'enquête, à huis clos si nécessaire.
