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North Sea Port tire la sonnette d'alarme après la sécheresse de cet été, qui "cause des millions d'euros de pertes"

L'été exceptionnellement sec a coûté des millions d'euros aux entreprises des ports maritimes du North Sea Port, met en garde le CEO de l’autorité portuaire, Cas König, dans une interview accordée à l’agence de presse Belga. Au plus fort de la situation, l'une des deux écluses maritimes de Terneuzen a été totalement fermée. L'autre n'était utilisable que pendant quatre heures, à marée haute. À un moment donné, certaines entreprises ont même choisi de transporter leurs marchandises par camion plutôt que par bateau. North Sea Port réitère son appel à des mesures pour l’avenir.

Anne François Belga
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"Nous n'avions pas souvent vu cela auparavant", a souligné Cas König. Au moment le plus critique, l'une des deux écluses maritimes de Terneuzen, sur le canal de Gand (Flandre orientale), était totalement fermée et l'autre ne pouvait être utilisée qu'environ quatre heures à marée haute. Sur une journée complète, il ne restait donc que huit heures de capacité effective d'écluse.

Cela a immédiatement eu des conséquences pour l'ensemble de la chaîne nautique à Gand et à Terneuzen, qui se situent derrière les écluses. Les navires avaient plus de difficulté à entrer ou à sortir du port et restaient plus longtemps à quai. La sécheresse a ainsi créé un double goulot d'étranglement : d'abord, les navires devaient attendre, ensuite il y avait une ruée sur les hangars, les remorqueurs et les lamaneurs dès que l'écluse rouvrait. Ce qui a rendu la situation très difficile, pointe l’administrateur délégué.

Au point le plus critique, la profondeur autorisée était réduite d'environ 25 centimètres. Cela peut sembler peu, mais pour les grands navires, chaque centimètre compte. Des entreprises comme ArcelorMittal reçoivent régulièrement de grands navires nécessitant chaque centimètre pour manœuvrer en toute sécurité dans le canal. Si les navires doivent naviguer avec moins de profondeur, ils doivent être moins chargés ou attendre plus longtemps.

Coûts liés aux temps d'attente

Pour les entreprises, l'impact peut rapidement s'aggraver. "Si toute la chaîne d'approvisionnement se bloque, il faut veiller à ce que les processus de production ne s'arrêtent pas eux aussi." Par ailleurs, les navires en attente peuvent engendrer des surestaries, des frais de pénalité dus lorsqu'un navire est contraint de rester à quai plus longtemps que prévu.

North Sea Port ne dispose pas de calcul précis des pertes financières. "Nous ne connaissons pas exactement l'ampleur des pertes subies par les entreprises, mais il est certain que l'on parle de millions d’euros", déclare estime Cas König.

Le port de Gand forme avec ceux de Terneuzen et Flessingue le projet de fusion North Sea Port, signé le 1ᵉʳ janvier 2018.

Consultation avec les autorités de gestion des eaux ?

Le port s'attend à ce que ce type de situation se reproduise plus fréquemment. North Sea Port entend donc accélérer ses efforts d'adaptation au changement climatique - en collaboration avec les autorités compétentes en matière de gestion des eaux et les entreprises - en mettant en œuvre des mesures techniques et organisationnelles pour faire face tant à la sécheresse qu'aux précipitations extrêmes.

Cet enjeu est crucial pour un port qui accueille de nombreux grands employeurs industriels et sites de production dépendant de la fluidité du transport de marchandises via le canal. Les questions relatives aux niveaux d'eau et au tirant d'eau affectent directement le dynamisme économique du secteur industriel de Gand.

"La situation ne peut pas perdurer", souligne le CEO König. "Nous ne pouvons pas nous contenter d'attendre de voir ce qui se passera l'année prochaine. Nous devons agir."

Le CEO du North Sea Port, Cas König.

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