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Deux demandeurs d’emploi sur trois restent sans réponse lorsqu’ils postulent

Deux demandeurs d’emploi sur trois ne reçoivent jamais de réponse à leur candidature, même lorsqu’il s’agit d’un refus. Près de 70 % d’entre eux n’arrivent par ailleurs jamais jusqu’à un premier entretien d’embauche. C’est ce qui ressort des chiffres du prestataire de services en ressources humaines Acerta. "Pour les candidats, ce silence est souvent démotivant, car ils investissent naturellement du temps et de l’énergie dans leur offre de candidature", explique l’entreprise.

Eric Steffens
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65,5 % des demandeurs d’emploi déclarent ne recevoir absolument aucune réponse à leur candidature. Chez les jeunes, ce chiffre atteint 75,3 % et il s’élève à 70,9 % chez les demandeurs d’emploi plus âgés. Même après avoir passé des tests environ 30 % ne reçoivent aucun résultat. C’est une hausse de 4,2 points de pourcentage par rapport à l’année dernière.

Autre constat frappant : 68,5 % des demandeurs d’emploi arrivent rarement, voire jamais, jusqu’à un premier entretien d’embauche. Là encore, les jeunes et les plus de 50 ans sont davantage concernés. 

Ces chiffres sont issus d’une étude menée par le prestataire de services RH Acerta. "Pour les candidats, ce silence est souvent démotivant, car ils investissent naturellement du temps et de l’énergie dans leur candidature", explique Naomi Ruelens, experte en recrutement chez Acerta.

"Lorsqu’ils n’obtiennent aucune réponse, ils restent dans l’incertitude. Cela ressort également du fait que beaucoup prennent eux-mêmes l’initiative de contacter les employeurs pour obtenir un retour. Même lorsqu’un candidat n’est pas retenu au terme du processus de recrutement, ce retour peut lui fournir des informations précieuses pour ses futures candidatures."

Moins de postes vacants, plus de demandeurs d’emploi

Bart Buysse, administrateur délégué de l’organisation patronale Unizo, explique dans l’émission De Ochtend de VRT NWS sur Radio 1 que chaque candidat mérite une réponse. "Mais plusieurs facteurs permettent aussi de comprendre pourquoi cela ne fonctionne pas toujours dans la pratique, en particulier dans les nombreuses PME que nous représentons."

Il s’agit souvent d’une combinaison de circonstances. "Dans une PME, le recrutement est souvent confié à une personne qui doit déjà assumer de nombreuses autres tâches", explique Bart Buysse.

"Il s’agit souvent du chef d’entreprise lui-même, qui doit également s’occuper des clients, du personnel et de l’administration. Lorsqu’il y a plusieurs candidats pour un même poste, il a donc moins de temps pour répondre à chacun."

Nous constatons qu’il y a moins de postes vacants et davantage de demandeurs d’emploi. Cela signifie qu’il y a davantage de candidats pour chaque poste.

Bart Buysse, Unizo

Le marché du travail a par ailleurs changé. "Nous constatons qu’il y a moins de postes vacants et davantage de demandeurs d’emploi. Cela signifie qu’il y a davantage de candidats pour chaque poste, ce qui alourdit la charge administrative et complique le suivi individuel de chacun."

"Nous continuons d’insister auprès des employeurs sur l’importance de répondre aux candidats, même si c’est simplement pour leur donner une réponse brève."

Faut-il externaliser les réponses ?

Les réponses aux candidats peuvent éventuellement être confiées à une société extérieure spécialisée en ressources humaines, qui peut envoyer rapidement une réponse standardisée. Mais certaines petites PME ne sont pas encore familiarisées avec cette possibilité, souligne Bart Buysse. Il estime également qu’il faut mieux aligner les attentes des employeurs et des candidats.

"Nous conseillons aux employeurs de commencer par définir clairement le poste et le profil recherché et de bien préciser leurs attentes. Nous recommandons par ailleurs aux candidats de ne postuler qu’aux emplois pour lesquels ils correspondent réellement au profil recherché. Cela peut éviter des problèmes et des frustrations des deux côtés."

On accorde beaucoup d'attention au recrutement de la personne qui a finalement été retenue, tandis que ceux qui n’ont pas été sélectionnés passent davantage au second plan.

Bart Buysse, Unizo

Lorsqu’un candidat qui semblait convenir ne reçoit toujours aucun retour après avoir passé des tests ou réalisé des exercices, cela s’explique souvent, dans les petites PME, par un agenda très chargé, selon Bart Buysse.

"On accorde beaucoup d'attention au recrutement de la personne qui a finalement été retenue, tandis que ceux qui n’ont pas été sélectionnés passent davantage au second plan. Je ne cherche pas à le justifier : cela ne devrait pas se passer ainsi. Mais c’est une explication. Ce n’est par ailleurs pas bon pour la réputation de l’entreprise. Ces chiffres sont aussi pour nous un signal qu’il faut redoubler d’efforts et mieux sensibiliser les PME à cette question."

 

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