La rectrice de la KU Leuven, Séverine Vermeire, garde espoir que 13 étudiants de Gaza titulaires d’une bourse d’étude pour une université en Belgique pourront venir dans notre pays pour y étudier. La Belgique doit pour cela demander officiellement au gouvernement israélien de les évacuer de Gaza. "Ces étudiants sont pris en otage et sont victimes de jeux politiques", estime Vermeire. Trois d'entre eux devaient initialement commencer leurs études à l’Université de Louvain cette semaine.
"En colère et indignée", la rectrice de la KUL Séverine Vermeire espère que les étudiants boursiers de Gaza seront autorisés à venir
Alors que l'année académique débute officiellement ce mercredi à la KU Leuven, l'arrivée des trois étudiants de Gaza reste incertaine. La rectrice Séverine Vermeire estime qu’ils sont victimes d'un jeu politique, tout comme une dizaine d'autres étudiants palestiniens. Le gouvernement fédéral n'était pas parvenu à un accord sur ce dossier, l'un des partenaires de la coalition ayant cherché à le lier à un accord sur le renvoi de migrants en situation irrégulière vers l'Afghanistan et sur la création de centres de retour en-dehors de l'Union européenne.
"Il n'y a qu'une seule bonne décision : ces 13 étudiants doivent être autorisés à venir en Belgique", déclarait la rectrice au micro de l'émission De Ochtend sur Radio 1 (VRT). "Nous sommes très en colère et indignés par ce qui s'est passé ces derniers jours. Nous avons vraiment le sentiment que ces étudiants sont pris en otage et sont victimes de jeux politiques. Nous ne pouvons tout simplement pas l'accepter."
Les recteurs belges tentent d'aborder la question avec le gouvernement fédéral depuis des mois. Selon Séverine Vermeire, ils ont envoyé plusieurs lettres aux ministres compétents ainsi qu'au Premier ministre. "Nous avons écrit aux ministres Anneleen Van Bossuyt et Maxime Prévot, ainsi qu'à Bart De Wever", précise-t-elle. "Nous continuons à faire pression - collectivement - dans l'espoir que le gouvernement fédéral prenne enfin une décision."
En début de semaine, les recteurs et rectrices de 10 universités belges ont notamment publié une lettre ouverte dans la presse flamande.
La ministre de l’Asile et la Migration Van Bossuyt a récemment indiqué qu'elle n'était pas favorable à l'accueil de ces étudiants boursiers, invoquant le risque d'un "effet domino" s'ils venaient à demander l'asile et à faire venir des membres de leur famille par le biais du regroupement familial. "Je pense que nous pouvons inverser cet effet domino", déclarait ce mercredi la rectrice de la KU Leuven dans son discours d'ouverture de la cérémonie académique.
"Oui, ces étudiants déclenchent un mouvement : un effet domino d'espoir, de savoir et de reconstruction. En poursuivant leurs études ici, ils acquièrent des connaissances et une expertise qu'ils pourront mettre au service de leurs communautés et de leurs pays. Ils peuvent devenir des modèles, porteurs d'espoir et de la conviction qu'il existe une lumière au bout d'un tunnel resté sombre bien trop longtemps. C'est pourquoi nous espérons pouvoir finalement accueillir les treize étudiants au sein de nos établissements. Mais le temps presse."
D'autres pays ont fait les démarches nécessaires
La rectrice louvaniste souligne que les 13 Gazaouis ne sont pas des personnes cherchant à entrer illégalement en Belgique. "Ce sont des étudiants qui ont droit à des études supérieures. Ils veulent acquérir ici des connaissances et une expertise qu'ils pourront rapporter dans leur pays pour contribuer à la reconstruction."
Séverine Vermeire fait remarquer que d'autres pays européens ont déjà accueilli des étudiants palestiniens de Gaza. Selon elle, environ 170 étudiants ont pu obtenir une place dans des pays tels que la France, l'Italie, les Pays-Bas et l'Espagne au cours des derniers jours. "Alors, pourquoi ces 13 étudiants ne pourraient-ils pas venir poursuivre leurs études dans une université belge ?" s'interroge la rectrice.
"Nous gardons espoir", conclut Vermeire. "Nous sommes en contact avec ces étudiants et je leur dis de ne pas perdre espoir. Nous devons donc, nous aussi, continuer à y croire."



