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Le gang de trafiquants était notamment actif dans la galerie Matonge, au cœur du quartier africain d’Ixelles.

Début du procès de 46 personnes dans une affaire de trafic de drogue à Matonge

L'essentiel des 46 prévenus entendus mardi devant le tribunal correctionnel francophone de Bruxelles le cadre du procès dit "Matonge" a largement contesté la vente de cannabis et de cocaïne qui leur est reprochée à des dates indéterminées entre 2022 et 2025. Ils ont souvent demandé des explications sur leur présence dans ce dossier. "Je ne comprends pas ce que je fais là", ont répondu une série de prévenus poursuivis comme membres ou dirigeants de l'association présumée.

Eric Steffens Belga
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La plupart des prévenus ont expliqué qu'ils fréquentaient la galerie Matonge parce qu'ils y achètent des produits africains. Il est logique que des personnes d'origine africaine côtoient ce quartier d'Ixelles, ont-ils ajouté, expliquant s'y rendre pour faire des courses ou se couper les cheveux.

La juge a tenté de les confronter aux observations policières, aux stupéfiants ou aux objets suspects trouvés en leur possession, à certaines photos ou notes de comptabilité extraites de téléphones ou encore à des opérations bancaires reprises au dossier répressif. Les prévenus ont généralement répondu ne pas avoir connaissance de ces faits.

Face aux contestations des 27 prévenus interrogés mardi, le tribunal a orienté sur les habitudes de consommation de chaque prévenu (fréquence, volume, lieu d'achat). Les prévenus ont majoritairement confirmé qu'ils consommaient du cannabis ou de la cocaïne, sans forcément l'acheter à Matonge, d'après leurs déclarations.

Lors de cette première audience, qui ressemblait plutôt à une mise à plat du dossier qu'à un interrogatoire, la juge a parcouru les casiers judiciaires des suspects. Elle s'est parfois énervée sur ces derniers, lorsqu'ils n'étaient pas au fait de leurs condamnations passées. Elle a aussi reconnu ne pas être à jour sur le cas d'un prévenu, récemment acquitté de la détention de 10 pacsons de cocaïne.

L'interrogatoire des prévenus reprendra mercredi à 09H00.

Une vente de drogue qui aurait rapporté plus de 6 millions d'euros

Un prévenu de 35 ans, défendu par l'avocat Guillaume Lys, est suspecté d'être le dirigeant de l'organisation criminelle. Quatre hommes sont également poursuivis pour la détention ou le port d'armes prohibées et, en l'occurrence, un pistolet à impulsion électrique et des bombes lacrymogènes au poivre.

Le début de la période infractionnelle varie pour chacun des prévenus, mais une grande partie d'entre eux sont suspectés d'avoir vendu du cannabis ou de la cocaïne jusqu'au 5 novembre 2025, soit après la vaste opération policière menée dans le quartier Matonge (Ixelles) dans le cadre de ce dossier.

Le 3 novembre 2025, 25 perquisitions avaient eu lieu à différents endroits du pays. Elles visaient en particulier le quartier Matonge (Ixelles), "considéré depuis plusieurs années comme étant particulièrement affecté par le trafic de stupéfiants, ce dernier entraînant de nombreuses nuisances pour les citoyens", avait indiqué le parquet de Bruxelles.

Ces perquisitions "s'inscrivaient dans le cadre d'une vaste enquête liée à la détention et au trafic de stupéfiants ainsi qu'au blanchiment d'argent", avait également indiqué le service presse du parquet de Bruxelles.

En début d'année 2025, le procureur du Roi avait chargé la police fédérale et les polices locales de réaliser une cartographie criminelle de l'arrondissement et de travailler au "démantèlement des organisations criminelles détectées". La zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles avait reçu la "mission prioritaire" de démanteler les points de deal du quartier.

Lors de son passage devant la chambre du conseil de Bruxelles le 24 juin dernier, le dossier comptait d'abord 59 inculpés. Après une série de non-lieux, 46 prévenus ont finalement été renvoyés devant le tribunal correctionnel.

Neuf audiences ont été fixées par le tribunal de première instance francophone devant la 44e chambre correctionnelle pour ce dossier volumineux. Le ministère public demande la confiscation par équivalent de 6,2 millions d'euros. D'après les calculs du parquet, il s'agirait de l'avantage patrimonial illicite minimum tiré par les 46 prévenus de la vente de stupéfiants.

 

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