Sept ans après l’annonce de la nouvelle liaison à haute tension Ventilus, les premiers coups de pelle sont donnés ce lundi en Flandre occidentale. Des opposants ont installé des panneaux de protestation tout au long du tracé et mis en garde contre les champs magnétiques générés par la ligne. Certaines autorités locales se sont également opposées au projet. Une vingtaine de tracteurs se sont rassemblés lundi matin sur les voies d'accès au chantier du projet énergétique Ventilus, à Zuienkerke, en Flandre occidentale.
Ventilus : les travaux de la nouvelle ligne à haute tension débutent ce lundi malgré la contestation en Flandre occidentale
Lundi, vers 13h00, une vingtaine de tracteurs se sont amassés devant la zone de chantier à Zuienkerke. "Nous souhaitons envoyer un signal", explique l'agriculteur Franky Snaet, membre de la plateforme des Citoyens réunis (Verenigde Burgerplatformen). "Nous sommes inquiets pour notre santé", ajoute-t-il alors qu'il devrait voir pointer deux pylônes sur ses terres.
"Nous travaillons pour l'intérêt général et il est donc crucial que les travaux puissent commencer", a réagi une porte-parole d'Elia, le gestionnaire du réseau haute tension.
Ventilus est une liaison à haute tension de 82 kilomètres entre Zeebruges et Avelgem, en Flandre occidentale. Elle combinera de nouvelles lignes aériennes, la réutilisation de lignes aériennes existantes, de nouvelles liaisons souterraines ainsi que des postes à haute tension, des points de remontée et des stations de conversion.
La liaison pourra transporter jusqu’à 6 gigawatts d’électricité. Elle doit notamment permettre d’acheminer vers l’intérieur du pays l’électricité produite par les futurs parcs éoliens en mer du Nord. Elle doit également renforcer et fiabiliser le réseau électrique de Flandre-Occidentale et, plus largement, celui de la Belgique.
Le gestionnaire du réseau à haute tension Elia avait annoncé le projet Ventilus en 2019. À l’époque, l’objectif était d’obtenir le permis en 2022 et d’achever les travaux trois ans plus tard, en 2025. Le coût était alors estimé à 500 millions d’euros.
Dans les faits, le permis d’environnement n’a été délivré qu’en 2026 et les travaux débutent donc aujourd’hui. Entre-temps, le coût estimé est passé à 1,6 milliard d’euros et la mise en service est désormais prévue en 2030 ou 2031.
Plusieurs années de retard
Le processus politique, la procédure d’autorisation et surtout les nombreuses études consacrées à la question de savoir si la liaison devait être construite en surface ou sous terre ont entraîné plusieurs années de retard. Ventilus sera finalement construit en partie sous terre et en partie en surface.
Pour la partie aérienne, une nouvelle ligne à haute tension sera construite sur 21 kilomètres. C’est surtout cette nouvelle ligne, qui longera l’autoroute E403, qui suscite de fortes résistances en Flandre occidentale. Le projet a donné lieu à de nombreuses protestations ces dernières années.
Une forte opposition
Des opposants ont installé des panneaux de protestation tout au long du tracé et mis en garde contre les champs magnétiques générés par la ligne. Certaines autorités locales se sont également opposées au projet. Plusieurs communes de Flandre occidentale ont introduit un recours contre le permis d’environnement. Une autre procédure est en cours devant le Conseil d’État contre le plan d’exécution spatial régional. Ce recours sera examiné cette semaine. Ces différentes procédures ne sont toutefois pas suspensives.
Plusieurs riverains du tracé de la ligne Ventilus qui traversera la Flandre occidentale n’ont pas attendu le début des travaux, ce lundi, pour décider de leur avenir. Certains ont préféré déménager plutôt que devoir subir les effets de la ligne à haute tension.
Début des travaux préparatoires ce lundi
Les travaux débutent donc bien ce lundi. Il s’agira dans un premier temps essentiellement de travaux préparatoires, précise Elia : mise en place de déviations, élagage de la végétation, aménagement des bases de chantier et installation de plaques de roulage.
Ces travaux préparatoires seront menés sur l’ensemble du tracé, à l’exception de la construction d’une partie des nouveaux câbles souterrains et de la nouvelle ligne aérienne le long de l’E403. Ces travaux ne débuteront qu’au printemps 2027.
