Le ministre de l'Intérieur, Bernard Quintin (MR), prévoit d'augmenter le salaire annuel net des policiers opérationnels de 696 euros, avec une entrée en vigueur au 1er janvier 2027. Sa proposition concerne aussi bien les agents opérationnels de la police locale que ceux de la police fédérale travaillant sur le terrain. Les différents syndicats de police, qui rencontraient jeudi le ministre de l'Intérieur, vont maintenant soumettre cette proposition à leurs membres. Les réactions syndicales sont mitigées, mais le ministre Quintin salue des discussions qui se déroulent "dans un esprit constructif".
Les policiers de terrain bénéficieront dès l'an prochain d'une augmentation salariale annuelle de 696 euros
Le ministre Quintin affirme vouloir récompenser les agents qui travaillent sur le terrain. "Ils accomplissent un travail difficile et à haut risque, ce qui mérite d'être récompensé. Cette augmentation de salaire témoigne du respect que nous portons à ceux qui revêtent l'uniforme chaque jour pour nous protéger." Selon lui, ce supplément de rémunération est également "crucial pour attirer de nouveaux talents".
Le ministre consacre une enveloppe de 30 millions d'euros à cette augmentation. Il s'agit du premier volet d'un plan global de 60 millions d'euros annoncé juste avant la pause estivale. La seconde phase est prévue pour 2029 et concernera une revalorisation des chèques-repas pour l'ensemble du personnel policier, qu'il soit opérationnel ou civil. Néanmoins, les négociations à ce sujet sont encore en cours.
Avec cette augmentation, Bernard Quintin concrétise une promesse faite par sa prédécesseure, Annelies Verlinden (CD&V), lors de la précédente législature. Un accord salarial conclu en 2024 prévoyait deux hausses distinctes de 70 € pour les policiers, mais seule la première étape avait été mise en œuvre à l'époque. Cette situation avait mécontenté les syndicats, les poussant à descendre dans la rue plus tôt cette année.
Aux syndicats de trancher
Les syndicats de police présentent maintenant la proposition du ministre à leurs membres. Vincent Houssin, du syndicat VSOA Police, a déjà réagi favorablement. "Il s'agit de 58 euros par mois. On ne parle donc pas de sommes astronomiques mais c'est un bon compromis, et nous avons veillé à ce que le montant net soit raisonnable", a déclaré Houssin.
Carl Medo, du syndicat NSPV, se montre plus réservé. "Est-ce suffisant ou non ? On peut en débattre. Pour certains, ce sera une bonne affaire, d'autres auraient peut-être espéré davantage." Medo souligne toutefois que les négociations ont été longues et ardues, et qu'elles ont "suscité beaucoup d'agitation au sein du paysage policier".
