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La commissaire nationale aux drogues Ine Van Wymersch.

"La Belgique risque de devenir un narco-État si nous ne faisons rien", avertit la commissaire aux drogues

"Si nous ne faisons rien, la Belgique risque de devenir un narco-État", a averti la commissaire nationale aux drogues Ine Van Wymersch dans l’émission De Afspraak, mardi soir. Elle constate que les organisations criminelles exercent une emprise croissante sur notre société et ne voit qu’un seul moyen d’inverser la tendance : "Il faut s’attaquer à l’argent d'origine criminelle. Heureusement, tout le monde est désormais sur la même longueur d’onde."

Eric Steffens
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"La Belgique va-t-elle devenir un narco-État ?" C’est la question d’ouverture que la journaliste de la VRT Fatma Taspinar a posée mardi soir dans l’émission De Afspraak au journaliste Rudi Vranckx, auteur, avec son confrère néerlandais Sinan Can, d’un documentaire en quatre volets, Drugsdelta, consacré à cette question. "La Belgique et les Pays-Bas ne sont pas des narco-États", répond brièvement Rudi Vranckx, avant d’ajouter une mise en garde : "Mais nous devons rester vigilants."

La commissaire nationale aux drogues Ine Van Wymersch partage son avis. Elle craint que la Belgique ne devienne bel et bien un narco-État "si nous ne faisons rien". Ine Van Wymersch explique : "Il ne s’agit pas uniquement de drogues : un narco-État est un État parallèle dans lequel les organisations criminelles acquièrent, par la corruption et l’intimidation, d’énormes positions de pouvoir dans notre vie économique, dans notre société et au sein des pouvoirs publics. C’est une alternative criminelle à notre société démocratique."

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Rudi Vranckx donne la parole à un docker anversois dans Drugsdelta

Les fusillades qui ont eu lieu dans notre propre capitale ces dernières semaines, ces derniers mois et ces dernières années montrent que ces organisations sont déjà profondément implantées dans notre société. Et la violence liée au trafic de drogue s’étend également au-delà de Bruxelles, Anvers et Rotterdam. Il suffit de voir ce qui s’est passé la semaine dernière à Overasselt.

Rudi Vranckx constate lui aussi dans Drugsdelta que ces organisations criminelles sont déjà profondément implantées dans notre société, notamment dans le port d’Anvers. Il s’entretient avec un docker qui explique à quel point il est facile de "gagner" 75 000 euros en quelques minutes.

Suivre l’argent

La commissaire nationale aux drogues ne s’étonne pas que certains cèdent à la tentation lorsqu’il est question de sommes aussi importantes. "C’est pourquoi nous devons faire en sorte qu’ils ne soient pas tentés." Comment ? En perturbant les flux financiers des organisations criminelles, notamment par la saisie de biens immobiliers et les confiscations.

"Suivre l’argent, c’est la seule chose que l’on puisse faire", approuve Rudi Vranckx. L’avocat pénaliste Sven Mary est du même avis. "Il faut s’attaquer à l’argent. Des peines de prison allant jusqu’à 20 ans ne servent à rien. Qu’on les condamne, mais qu’on les fasse aussi payer. 10 millions d’euros, voire 100 millions d’euros. C’est de ces montants-là que nous parlons."

"La ministre de la Justice Annelies Verlinden a déclaré dans sa dernière interview qu’elle avait besoin d’un milliard d’euros. Eh bien, cette somme pourrait facilement être récupérée en un an auprès de ces organisations criminelles."

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La commissaire nationale aux drogues Ine Van Wymersch.

Ine Van Wymersch se réjouit que "tout le monde soit enfin sur la même longueur d’onde". Car elle craint que la Belgique ne devienne bel et bien un narco-État "si nous ne faisons rien".

"Idéalement, il aurait fallu planter l’arbre il y a 20 ans. Nous ne l’avons pas fait à l’époque, nous devons donc le faire aujourd’hui. Nous n’avons pas d’autre choix. Nous devons relever le défi et nous attaquer à cet argent d’origine criminelle, puis réinvestir cet argent dans la lutte contre la drogue".

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