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Près de 3 jeunes Flamands de 15 ans sur 10 n’atteignent pas le niveau de base en lecture, selon la dernière étude PISA

Près de 3 jeunes Flamands de 15 ans sur 10 n’atteignent pas le niveau de base en lecture. Dans l’enseignement professionnel, cette proportion atteint même trois quarts des élèves. C’est ce que révèle une nouvelle étude internationale PISA menée auprès de près de 4.000 élèves flamands. En lecture, en mathématiques et en sciences, la Flandre obtient toujours des résultats supérieurs à la moyenne européenne, mais compte de moins en moins d’élèves très performants et de plus en plus d’élèves en difficulté.

Eric Steffens
Publié:

Menée l'an dernier auprès de quelque 800.000 élèves de 91 pays, dont les 38 membres de l'OCDE, la vaste enquête met en lumière un nouveau recul à l'échelle mondiale des compétences des jeunes de 15 ans en lecture, en mathématiques et en sciences.

Figurant jadis parmi les systèmes éducatifs les plus performants, la Flandre voit -à nouveau- ses résultats baisser. Mais même en déclin, l'enseignement flamand reste cependant toujours plus performant que le francophone.

Selon l'OCDE, le déclin historique des performances des élèves mis en lumière dans cette dernière édition s'explique par une combinaison de facteurs: un niveau d'attention des élèves et de persévérance en baisse, un absentéisme en hausse, une pratique de la lecture (longue) en recul, etc. Cette livraison 2025 de PISA, la 9e du genre, confirme enfin à nouveau les très bonnes prestations du Japon, de la Corée du Sud et de l'Estonie en matière de politique scolaire.

Imaginez que vous vous demandiez si vous pouvez donner de l’aspirine à votre poule. Vous posez la question sur un forum en ligne et plusieurs personnes vous répondent. Un médecin vous donne des informations sur le dosage approprié du médicament, tandis qu’une autre personne vous explique comment déterminer si votre poule est malade ou non.

Quelle réponse vous semble alors la plus pertinente ? C’est l’un des exemples de questions qui ont pu être posées aux près de 4.000 élèves flamands de 15 ans ayant participé à la dernière édition de l’enquête internationale PISA de l’OCDE. Les questions sont réparties selon différents niveaux de difficulté. Les chercheurs cherchent notamment à déterminer si les élèves atteignent le niveau de base nécessaire pour participer pleinement à la vie en société.

En lecture, il s’agit par exemple d’être capable de dégager l’idée principale d’un texte. En mathématiques, il faut notamment pouvoir convertir une unité comme le kilomètre en centimètres. En sciences, les élèves doivent être capables d’expliquer des phénomènes de la vie quotidienne. Par exemple : quelles peuvent être les conséquences pour une espèce donnée de prédateurs si le nombre de leurs proies diminue soudainement ?

Plus d’élèves en difficulté, moins de très bons élèves

Le résultat du test ? Trop d’élèves flamands sont en difficulté lorsqu’il s’agit de maîtriser ces compétences de base. En sciences, 22,6 % des élèves n’atteignent pas le niveau de base, contre 25,6 % en mathématiques et 29,4 % en lecture. Dans le même temps, le groupe des élèves les plus performants se réduit de plus en plus. Alors qu’en 2003, un élève flamand sur trois pouvait être considéré comme un très bon élève en mathématiques, cette proportion n’est plus que d’un sur neuf aujourd’hui.

En sciences et en lecture, la proportion est encore plus faible : respectivement 8,2 % et 5,6 % des élèves flamands figurent parmi les meilleurs.

Pour ces trois matières, la Flandre continue toutefois d’obtenir des résultats supérieurs à la moyenne de l’UE. Mais ses scores ne cessent de baisser au fil des années.

                                                                        Sciences

                                                                                 Lecture

                                                                            Mathématiques

Maigre consolation : aucun pays européen n’enregistre de hausse de ses résultats. La seule exception concerne les résultats en sciences de l’Angleterre et de la Slovaquie. Pour expliquer en partie la forte baisse enregistrée depuis 2018, l’OCDE pointe notamment la crise du Covid-19.

La ministre flamande de l’Enseignement Zuhal Demir (N-VA) entend en tout cas prendre contact avec le commissaire européen compétent ainsi qu’avec ses homologues européens : "Sans des personnes disposant de connaissances suffisantes, on ne peut pas construire une société forte. Nous faisions partie des meilleurs au monde et devons maintenant prendre les devants pour le redevenir".

Autre constat lorsque l’on compare les résultats flamands à la moyenne de l’OCDE : les élèves flamands se montrent moins curieux et font preuve de moins de persévérance lorsqu’on les interroge à ce sujet.

Ils indiquent également, moins souvent que la moyenne, être soutenus par leur famille lorsqu’il s’agit de leur travail scolaire. Autre constat frappant : la pénurie d’enseignants a certes un impact, mais celui-ci est jugé plus important dans d’autres pays qu’en Flandre.

L’écart entre élèves défavorisés et favorisés reste important

En Flandre, un élève sur trois issu d’un milieu socio-économique défavorisé fait partie des élèves les moins performants. Dans le groupe des élèves issus d’un milieu socio-économique favorisé, cette proportion n’est que d’un sur dix. L’écart entre les deux groupes reste donc important en Flandre.

D’autres pays montrent pourtant qu’il est possible d’obtenir de bien meilleurs résultats pour une plus grande proportion d’élèves. L’Estonie, par exemple, affiche des scores moyens plus élevés et l’écart entre les deux groupes y est nettement moins important.

Les élèves issus de l’immigration et/ou parlant une autre langue à la maison obtiennent eux aussi, en moyenne, de moins bons résultats. Cet effet s’atténue toutefois lorsque l’on tient compte de leur milieu socio-économique.

On retrouve également la différence classique entre garçons et filles : les garçons obtiennent de meilleurs résultats en mathématiques, tandis que les filles sont plus performantes en lecture. L’écart se creuse dans ce dernier domaine. Zuhal Demir souhaite demander aux universités d’en étudier les causes.

Les élèves de la filière professionnelle restent à la traîne

Autre écart particulièrement frappant : trois quarts des élèves de l’enseignement professionnel n’atteignent pas le niveau de base essentiel en lecture. Zuhal Demir qualifie ce résultat de "honteux". "Non seulement parce que nous sommes une économie de la connaissance, mais aussi parce que ce manque de compétences de base a une incidence sur leur bonheur personnel et leur santé."

Bruno Vanobbergen, de Katholiek Onderwijs Vlaanderen, juge lui aussi ce résultat préoccupant.

"Nous constatons que 20 % des élèves qui commencent leur première année dans la filière B viennent directement de la quatrième année de l’enseignement primaire. Cela signifie que nous avons un groupe important d’élèves qui, d’une manière ou d’une autre, se retrouvent en difficulté dans l’enseignement primaire".

Les élèves qui n’obtiennent pas leur certificat de fin d’enseignement primaire peuvent commencer le secondaire en première B. Mais cette filière accueille également des élèves qui ont obtenu ce certificat.

Un léger motif de satisfaction pour terminer

Il reste tout de même un point positif : les élèves flamands ont également dû démontrer leur capacité à résoudre des problèmes dans un monde numérique. Dans ce domaine, leurs résultats sont plutôt bons : ils occupent la 11e place au niveau international, ex æquo. Parmi les pays européens, seule l’Estonie fait mieux.

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