Les syndicats socialiste FGTB et chrétien CSC manifesteront ensemble le vendredi 9 octobre à Bruxelles, ce qui constitue "un premier avertissement clair au gouvernement" fédéral et ses mesures d’économie, annoncent-ils ce mardi. Ce sera la quatrième manifestation nationale depuis le début de l’année. La menace d'une grève générale à la fin novembre est également évoquée.
FGTB et CSC manifesteront le 9 octobre à Bruxelles, "un premier avertissement clair" contre la politique d'austérité
Cette action aura lieu quelques jours avant le discours de politique générale du Premier ministre Bart De Wever, prévu le mardi suivant. Les deux syndicats souhaitent ainsi avertir une nouvelle fois le gouvernement, qui devra trouver dans les semaines à venir environ 10 milliards d'euros supplémentaires pour aligner le budget sur la norme européenne en matière de dépenses d'ici 2029.
Les modalités de la manifestation seront fixées ultérieurement, fait savoir Bert Engelaar, le président de la FGTB. Il annonce toutefois qu'un appel à la mobilisation sera lancé à grande échelle et que les participants seront couverts par un préavis de grève. "Il s'agit d'un coup de semonce, d'un signal montrant que les gens sont en colère et frustrés."
"Cette action d'avertissement fait suite à la campagne d'information et de sensibilisation qui sera lancée demain et dans le cadre de laquelle nous nous rendrons en masse dans les entreprises et l'espace public avec notre "gazette" qui présente nos alternatives budgétaires", explique-t-on du côté de la CSC. Pour le syndicat chrétien, "les mesures de l'Arizona plongent un très grand nombre de personnes dans les difficultés et ne contribuent en rien à combler le déficit public. Après tout ce temps sous le gouvernement Arizona, le pays et sa population se trouvent dans une situation pire que jamais".
Des mesures alternatives proposées
Le front commun syndical a présenté des propositions de mesures alternatives à "la politique gouvernementale défaillante" à hauteur de 21 milliards d'euros, rappellent les deux organisations. "Depuis le début de cette législature, nous défendons une société plus juste, plus solidaire et plus durable. Nous nous opposons aux mesures dont le poids repose principalement sur les épaules des travailleurs, des demandeurs d'emploi, des pensionnés et des familles. Le gouvernement doit prendre nos alternatives au sérieux, puisque ses propres recettes s'avèrent inefficaces", tranche le syndicat chrétien.
Son homologue socialiste "exige des choix justes et avertit le gouvernement : s'il fait à nouveau payer les mêmes personnes, il devra faire face à une forte résistance sociale". La FGTB souhaite que "les épaules les plus larges prennent enfin une part équitable de l'effort".
Trois "lignes rouges"
"Depuis 19 mois, le gouvernement Arizona s'attaque aux piliers de notre modèle social: pensions, salaires, conditions et temps de travail, protection en cas de maladie, assurance chômage, sécurité sociale et services publics", énumère la FGTB, dénonçant une concertation sociale placée devant le fait accompli, affaiblie ou tout simplement ignorée. Elle attend dès lors du gouvernement qu'il "corrige" sa trajectoire et a déjà fixé trois "lignes rouges": une atteinte unilatérale à l'indexation, une hausse de la TVA et une annualisation du temps de travail.
"Si cet avertissement reste sans réponse et que le gouvernement franchit l'une de ces lignes rouges lors du conclave budgétaire d'octobre, la FGTB dispose d'un mandat pour appeler à une grève générale au cours de la semaine du 23 novembre", prévient-elle. Du côté de la CSC, sa secrétaire générale Marie-Hélène Ska dit vouloir attendre l'évolution des travaux budgétaires et ne pas souhaiter décréter d'ores et déjà de menace du même genre. "Si le gouvernement parvient à sortir de l'impasse budgétaire, le bureau national de la CSC analysera le résultat et se prononcera alors sur les étapes suivantes", complète le syndicat chrétien dans un communiqué.
