Un contrôleur de la société flamande de transport en commun De Lijn a été agressé et blessé samedi soir à la station Anvers-Berchem, a confirmé dimanche la police locale, réagissant à une information du quotidien Het Laatste Nieuws. Il a été pris à partie par des passagers qui ne disposaient pas de titre de transport valable. "C'est totalement inacceptable. Nous sommes tous profondément choqués", a réagi De Lijn. Quatre hommes ont été interpellés.
Un contrôleur de la société De Lijn agressé à Anvers-Berchem par des passagers sans titre de transport
Des contrôleurs De Lijn menaient une opération de contrôle samedi vers 19h sur la ligne de bus 90, à hauteur du tunnel à Anvers-Berchem. "Trois des quatre hommes contrôlés n’avaient pas de titre de transport valable", indique Kim Bastiaens de la police anversoise. Les contrôleurs ont alors décidé de faire sortir ce groupe du bus, mais la situation a dégénéré.
Deux des quatre individus se sont montrés agressifs et s'en sont pris physiquement à un agent. Un troisième homme les a rejoints et a également donné des coups au contrôleur.
Tentative d’étranglement ?
La police est intervenue et a pu interpeller les quatre hommes, qui devaient être interrogés par la suite. Le contrôleur blessé a été emmené à l’hôpital, ses jours ne sont pas en danger. "Il est sous le choc de l’agression et ne pourra travailler pendant un certain temps", indique Astrid Hulhoven, porte-parole de la société De Lijn. "Il faudra aussi un certain temps avant qu’il se sente à nouveau en confiance".
D’après le syndicat libéral Synova, il y aurait même eu une tentative d'étranglement du contrôleur. L'information n'a pas été confirmée pour l'instant et devra être vérifiée lors de l’enquête de police.
De Lijn condamne la violence
"Cet incident nous a profondément marqués, nous ainsi que nos collègues", ajoute Astrid Hulhoven de la société De Lijn. "En tant qu'entreprise de transport - et tout particulièrement pour l'équipe sur le terrain -, nous sommes profondément bouleversés."
"La nature de cet incident est extrêmement grave, c'est totalement inacceptable. Nous nous constituerons assurément partie civile pour renforcer le dossier. Il nous faut maintenant attendre de voir comment l'enquête évoluera."
Des bodycams nécessaires
Le syndicat chrétien ACV Services publics-Transports a pour sa part appelé à mettre en place d'urgence des mesures de sécurité supplémentaires pour les contrôleurs. L'organisation affirme que la mise en place promise de caméras corporelles (bodycams) sur les contrôleurs traîne depuis plus de deux ans. Ces caméras "peuvent avoir un effet préventif, étayer les preuves et donner un plus grand sentiment de sécurité", estime Jo Van der Herten de l'ACV. "Il est particulièrement frustrant de devoir encore attendre."
Le syndicat dénonce par ailleurs la pression exercée sur les contrôleurs pour générer davantage de recettes par le biais de la lutte contre la fraude, renvoyant aux objectifs chiffrés de la ministre flamande de la Mobilité Annick De Ridder (N-VA). "On parle beaucoup de résultats, mais beaucoup trop peu des personnes quotidiennement sur le terrain. Pour nous, le message est clair: les personnes passent avant les chiffres", a lancé Jo Van der Herten. L'ACV demande enfin à ce que "la tolérance zéro" soit la norme en cas d'agression de membres du personnel des transports en commun.
La ministre De Ridder a également condamné cette agression "odieuse". "Les contrôleurs et chauffeurs de De Lijn doivent pouvoir exercer leur métier en toute sécurité", a-t-elle déclaré. Elle ajoute espérer que la question de l'installation des bodycams sera prochainement réglée grâce à une autorisation fédérale. Elle espère que leur déploiement sera possible au début de l'année prochaine.
La ministre a également signalé que 87% des bus de De Lijn sont déjà équipés de caméras de surveillance, avec l'objectif que l'ensemble des véhicules en disposent d'ici fin 2027. "Ceux qui veillent quotidiennement sur nos voyageurs méritent une protection maximale", concluait De Ridder.
Les syndicats appellent à ne pas contrôler
Les syndicats appellent les contrôleurs de De Lijn à s'abstenir de vérifier les titres de transport dans la région d'Anvers ce lundi. Par solidarité avec leur collègue victime de l’agression à Anvers-Berchem.
Les représentants syndicaux doivent rencontrer la direction de la société de transport De Lijn ce matin à 10h pour une réunion d'urgence.
