Après près de 50 ans de discussions et de procédures judiciaires, les premiers travaux de démolition vont prochainement débuter le long de la Grote Baan, à Houthalen-Helchteren, dans le Limbourg. Une étape majeure pour ce projet de liaison routière, qui entre enfin dans une nouvelle phase après des décennies de blocages. Depuis près d’un demi-siècle, ce dossier particulièrement épineux se heurte à des obstacles politiques et juridiques. Au cœur du conflit : le choix entre la construction d’un tunnel et celle d’une voie de contournement pour désengorger le centre de Houthalen-Helchteren.
Liaison Nord-Sud dans le Limbourg : après un demi-siècle de débats, les premiers travaux commencent à Houthalen-Helchteren
Le 5 octobre, les grands travaux de démolition débuteront le long de la Grote Baan à Houthalen-Helchteren. Quelque 150 familles et entreprises devront quitter les lieux pour permettre le réaménagement de cet axe très fréquenté. Deux tunnels seront construits et le chantier s’étalera sur plusieurs années. La construction des tunnels doit débuter en 2028, si le projet ne prend pas de retard.
Pour comprendre pourquoi ce projet a mis près d’un demi-siècle à se concrétiser, il faut remonter aux années 1970. À l’époque, les ministres de la Mobilité et des Travaux publics décident de créer une autoroute reliant le nord et le sud du Limbourg. Le projet initial, de l’A24 qui devait relier Eindhoven à Huy, traverse des zones naturelles et agricoles précieuses et suscite une forte opposition des associations environnementales et des agriculteurs. Les travaux sont entamés dans le nord de la province, mais s’arrêtent au-dessus de Houthalen-Helchteren. Depuis lors, le trafic doit traverser les centres des deux communes.
Au début des années 2000, la situation devient de plus en plus difficile à supporter. Un projet d’un long tunnel sous Houthalen et Helchteren est alors élaboré. Mais en 2005, les commerçants et les riverains s’y opposent à leur tour, redoutant plusieurs années de travaux et réclamant plutôt une voie de contournement.
Le contournement se heurte aux tribunaux
Le choix entre tunnel et contournement divise pendant des années la politique locale et flamande. Le contournement finit par être privilégié, notamment parce qu’il est considéré comme moins coûteux et plus rapide à réaliser.
Mais le projet traverse une zone naturelle protégée au niveau européen et sa faisabilité juridique s’avère très fragile. Les associations environnementales contestent les plans devant les tribunaux et obtiennent leur annulation, notamment en 2013 et 2017. Les différentes tentatives de la Région flamande pour faire aboutir le contournement échouent, entraînant de nouvelles années de retard.
Un compromis autour des tunnels
En 2017, le projet est relancé sous la forme d’un "projet complexe", piloté par les autorités flamandes. Une nouvelle série d’études examine toutes les possibilités, en concertation avec les différents acteurs concernés.
Ces études concluent que les tunnels constituent la solution la plus réaliste, notamment sur le plan juridique. Une nouvelle route de contournement traversant des zones naturelles protégées aurait très peu de chances d’aboutir. Cette démarche permet progressivement de rapprocher les différents points de vue. Après des années de confrontation, un compromis se dessine : personne n’obtient exactement ce qu’il souhaitait, mais les différents acteurs acceptent de faire des concessions.
Une route devenue invivable
Le contexte local a également changé. Malgré la durée des travaux à venir, l’opposition au projet est aujourd’hui nettement moins forte qu’il y a vingt ans. La raison : la Grote Baan est devenue, au fil des années, extrêmement difficile à vivre pour les riverains et les commerçants en raison de l'intensité du trafic.
La qualité de l’air s’est également fortement dégradée. Une étude citoyenne menée en 2018 avait mesuré, au carrefour de la Grote Baan et de la Ringlaan, une concentration de 75,3 microgrammes de dioxyde d’azote par mètre cube, soit près de quatre fois le seuil de 20 microgrammes.
Après près de 50 ans de débats, de procédures judiciaires et de négociations, les premières démolitions marqueront donc le début concret du chantier. Pour les habitants, longtemps confrontés à ce symbole de l’immobilisme politique dans le Limbourg, le démarrage des travaux semble encore difficile à croire. Si le calendrier est respecté, les tunnels commenceront à être construits à partir de 2028.


