Aller au contenu principal

Quatre cliniques du sein en Flandre testent un système d'IA qui prédit le traitement anticancéreux le plus adapté à chaque patiente

Depuis le début du mois de juin, les cliniques du sein de l'AZ Delta à Roulers, de l'AZ Groeninge à Courtrai, de l'AZORG en Flandre orientale et du ZAS à Anvers utilisent l'intelligence artificielle (IA) pour le dépistage et le traitement du cancer du sein, annoncent les hôpitaux ce vendredi. Le projet est baptisé BREACS et doit notamment permettre d’éviter des opérations inutiles.

Anne François Belga
Publié:

Dès le premier diagnostic, le système établit un pronostic détaillé concernant la taille de la tumeur, les métastases au niveau des ganglions axillaires et la réaction à la chimiothérapie. Comme ces données sont disponibles beaucoup plus tôt grâce à l'analyse par intelligence artificielle, les médecins peuvent établir un meilleur diagnostic. Cela peut contribuer à éviter des interventions chirurgicales, mais aussi à intervenir plus rapidement si nécessaire.

"Ce sont des éléments que nous ne découvrons généralement qu'à un stade ultérieur du parcours de soins", explique le Dr Barbara Bussels, coordinatrice du Centre de sénologie de l'hôpital AZ Delta. "Disposer de ces informations dès le premier diagnostic peut nous aider à mieux évaluer le traitement le plus adapté à une patiente donnée."

"L'objectif n'est pas de remplacer les médecins, mais de leur fournir des informations supplémentaires au moment où des décisions thérapeutiques importantes doivent être prises", soulignent les chercheurs. "La décision finale reviendra toujours à l'équipe pluridisciplinaire qui suit la patiente."

Déceler des schémas invisibles

Ce système d'aide à la décision clinique (CDSS) a été développé par RADar, le centre d'apprentissage et d'innovation de l'hôpital AZ Delta. Les modèles d'IA ont été entraînés à partir de données provenant de plus de 8.000 patientes atteintes d'un cancer du sein et traitées dans les établissements AZ Delta, AZ Groeninge (Courtrai), AZORG (Alost) et ZAS (Anvers).

"Cette approche permet à l'intelligence artificielle de reconnaître des schémas difficiles voire impossibles à détecter pour l'œil humain", souligne le radio-oncologue Philip Poortmans (ZAS). "On obtient ainsi une image beaucoup plus complète de la patiente que lorsqu'on utilise une seule source de données."

Par exemple, une prédiction plus précise des métastases ganglionnaires axillaires permet d'adapter davantage les interventions chirurgicales au niveau de l'aisselle à la situation de la patiente, voire de les éviter totalement. Cela réduit le risque de complications telles que le lymphœdème, les douleurs et la limitation des mouvements.

Une radiothérapie pour un cancer du sein

Tests sur des patients

Actuellement, le système est testé à partir d'anciens dossiers, mais l'objectif est de déployer ce modèle d'IA dans la pratique quotidienne. Si les résultats sont positifs, les modèles les plus prometteurs seront testés en pratique clinique lors de la phase suivante. "Nous espérons déployer le système en conditions réelles d'ici un an", déclare le Dr Barbara Bussels.

"Une fois la certification européenne obtenue, l'outil d'intelligence artificielle pourra également être utilisé dans d'autres centres européens spécialisés dans le traitement du cancer du sein."

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5