La Flandre et la France ont signé un nouveau "traité des Moëres". Celui-ci définit les mesures nécessaires pour gérer et prévenir les inondations. Des accords clairs sont désormais établis pour dévier l’excédent d'eau vers la mer, soit via Nieuport en Flandre, soit via Dunkerque en France, lorsque les niveaux d'eau deviennent trop élevés.
Un nouveau traité entre la Flandre et la France vise à prévenir les inondations dans les Moëres
Les Moëres (Moeren en néerlandais) constituent une zone de polders transfrontaliers, s'étendant juste derrière le littoral, de la région du Westhoek jusqu'à Dunkerque. Des canaux et des cours d'eau traversent la frontière nationale. En période de pluies prolongées ou intenses, les installations de drainage existantes à Nieuport et à Dunkerque atteignent leurs limites, rendant la région particulièrement vulnérable aux inondations.
Les accords fondamentaux concernant l'évacuation des eaux dans la région remontent à 1890 et ont été complétés en 1968. Toutefois, ces dispositions historiques ne suffisent plus pour faire face aux conditions météorologiques extrêmes actuelles. Les négociations ont cependant été longues. "Je me souviens encore du moment où elles ont entamées. Paul Breyne était alors gouverneur de Flandre occcidentale", se souvient Bart Naeyaert, membre de la députation provinciale.
Système d'entraide
"Évacuer l'eau des Moëres n'est pas une mince affaire, car il s'agit de la zone la plus basse de Belgique", souligne Naeyaert. "Nous avons désormais mis au point un système d'entraide qui nous permet de dévier temporairement l'eau du canal Nieuport-Dunkerque dans deux directions avant de la rejeter en mer du Nord. Tous les accords et procédures ont une valeur juridique contraignante."
À cette fin, deux installations clés ont été construites avec le soutien de fonds européens. L'une est une station de pompage de secours située sur le canal Speievaart à Furnes, qui transfère l'eau des Moëres vers le canal Nieuport-Dunkerque. L'autre est un ouvrage d'écluse aux "Vier Sluizen" (Quatre Écluses) à Dunkerque, permettant d'évacuer l'eau plus loin vers le Canal Exutoire et la mer du Nord.
Un Westhoek résilient
"Cet accord ne suffira pas à lui seul à empêcher les inondations", prévient le député provincial Bart Naeyaert.
"Il ne s'agit que d'un volet du plan "Westhoek résilient", qui englobe de nombreuses mesures visant à protéger la région du Westhoek contre les inondations - telles que de nouvelles digues, des espaces supplémentaires pour l'eau ou une meilleure coordination entre les canaux et les cours d'eau. Il reste encore beaucoup à faire à cet égard. Nous espérons que le gouvernement flamand débloquera rapidement les fonds promis."
