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Davy De Wiite attend déjà depuis 6 ans de pouvoir rencontrer sa fille Raïa.

"Elle a enlevé ma fille" : le père de la petite Raïa demande de l'aide au Premier ministre De Wever à l'aube de sa visite en Inde

"Évoquez le nom de ma fille Raïa" auprès du Premier ministre indien Modi: c'est l'appel que lance le Belge Davy De Witte (45 ans) au Premier ministre Bart De Wever qui se rendra en visite en Inde ces deux prochains jours. Davy n'a jamais vu Raïa (6 ans) : son ex-compagne a fui en Inde début 2025 avec leur fille et est soupçonnée de rapt parental. Mère et fille font également l'objet d'une alerte internationale. Mais l'Inde n'est pas liée à la convention sur le rapt d'enfants et n'est donc pas tenue d'organiser une extradition.

Anne François Joppe De Hert
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Davy De Witte, originaire de Waasmunster en Flandre orientale, a rencontré Nisha en 2014. Elle est indienne et a été adoptée bébé par une famille gantoise. Peu après, ils se sont mis en couple, alors même que Nisha était toujours mariée à un autre homme. "Elle me disait toujours qu'ils allaient divorcer", a confié Davy à VRT NWS. "Mais elle ne cessait de repousser l'échéance. Je lui disais à l'époque que cela ne devait pas prendre des années."

Après quatre ans de relation, le couple a décidé d'avoir des enfants en 2019. "Au début, elle disait ne pas vouloir d'enfants, mais l'idée a fait son chemin, moi j'en voulais. Elle est finalement tombée enceinte en avril." Le rêve de Davy d'avoir un enfant se concrétise, mais durant l'été de cette même année, il tombe de haut, avant même la naissance du bébé : "Nisha est retournée auprès de son mari légal."

Procédures judiciaires

Fin 2019, Davy et Nisha ont entamé une médiation pour passer des accords clairs concernant l'éducation de leur future fille. Nisha a assisté au premier rendez-vous en décembre, mais a mis fin unilatéralement au processus peu avant la deuxième séance, prévue en janvier 2020. "Il s'est avéré que Nisha avait déjà accouché de Raïa en décembre, avec un mois et demi d'avance. Elle avait gardé le secret, ce qui explique pourquoi elle a interrompu la procédure."

Davy reçoit un nouveau choc : "Sur l'acte de naissance de Raïa, Nisha a désigné son mari comme le père légal." Refusant de baisser les bras, le Belge a engagé deux procédures judiciaires : "D'abord pour faire reconnaître officiellement ma paternité, puis pour fixer un droit de visite."

"Nisha et son avocat ont usé de toutes les tactiques juridiques possibles pour faire traîner les choses en longueur", précise Davy. Finalement, le tribunal l'a néanmoins reconnu comme le père biologique et légal de Raïa.

C'est alors que Davy a commencé à soupçonner que toute cette situation avait été un coup monté dès le départ. "Au tribunal, Nisha a littéralement dit : "Tu n'étais qu'un donneur. Dégage." Il s'est aussi avéré qu'elle et son mari ne parvenaient pas à avoir d'enfant ensemble."

La fuite en Inde

Une fois la paternité établie, la seconde procédure - concernant les modalités de visite - a débuté. "Le tribunal de Gand avait suspendu ce deuxième dossier jusqu'à ce que la question de la paternité soit tranchée. Avec le recul, cette décision s'est révélée désastreuse." À ce stade, Raïa avait déjà quatre ans et n'avait jamais rencontré son père biologique. Le tribunal de la jeunesse a rapidement ordonné un contact entre Davy et Raïa. "Nisha n'était pas d'accord avec cela. Le tribunal a alors ordonné une astreinte de 500 euros par jour jusqu'à ce qu'elle donne son consentement."

La petite Raïa apparaît dans une vidéo YouTube aux côtés de Nisha et du mari de celle-ci.

Nisha et Raïa avaient également fait l'objet d'un signalement international, par crainte d'une fuite. "Mais elles sont parties en février 2025 malgré tout, deux jours avant que je ne doive voir Raïa pour la première fois."

Une erreur du parquet?

Un an et demi plus tard, Davy se demande toujours comment Nisha a réussi à partir avec sa fille alors qu'elles faisaient l'objet d'un signalement international. "Nisha comptait se rendre à Londres en passant par Lille, puis prendre un avion pour l'Inde. Elle a été interceptée à Lille. La police de Lille a appelé celle de Gand, qui a ensuite contacté le parquet gantois."

Selon Davy, le parquet a commis une erreur. "Lorsqu’il a contacté Nisha, elle a déclaré qu'elle partait à la recherche de ses parents biologiques en Inde. Ils ont cru sa version, tout en lui imposant de les tenir informés de ses déplacements."

"Soit on est très naïf en tant que procureur, soit on est complice. Je sais que c'est une affirmation audacieuse, mais c'est l'impression que cela donne." Davy déposa plainte contre le parquet. "J'estime qu'ils ont commis une erreur. Pourtant, 24 heures plus tard, ils affirmaient avoir examiné le dossier en profondeur et n'avoir relevé aucune faute."

"Ils m'ont dit que le parquet n'était pas au courant de la procédure civile engagée contre elle. Je trouve cela douteux."

Raïa apparait dans un reportage sur YouTube

Une enquête judiciaire est en cours, Nisha étant soupçonnée de rapt parental. Le dossier est prêt pour la Chambre du conseil et doit être examiné par le tribunal correctionnel en octobre. On ignore où Nisha et Raïa séjournent exactement en Inde. Ce qui est certain, en revanche, c'est que Nisha a retrouvé ses parents biologiques. Davy a pu le constater de ses propres yeux.

"L'enquête a révélé depuis lors que Nisha mène une vie insouciante en Inde et qu'elle est soutenue financièrement par ses parents."

Raïa, la fille de Davy De Witte, dans un reportage sur YouTube.

"Par hasard, je suis tombé sur un reportage YouTube dans lequel une chaîne de télévision indienne locale suivait Nisha alors qu'elle recherchait sa mère biologique. C'est grâce à cette vidéo que j'ai vu ma fille pour la première fois."

"Dans ce reportage, elle retrouve ses parents biologiques en seulement deux semaines. Je trouve cela remarquable, étant donné que tous les documents d'adoption avaient été détruits à l'époque." Ce qui frappe encore plus Davy, ce sont les propos tenus par Nisha dans le reportage. "Elle dit : "Je réalise à quel point le lien biologique est important." Et pourtant, elle a enlevé mon enfant avec un homme qu'elle présente comme étant le père."

Lettre au Premier ministre De Wever

Le Premier ministre Bart De Wever se rendra en Inde ces 3 et 4 septembre. Sur place, il doit s'entretenir pendant plus de trois heures avec le Premier ministre indien, Narendra Modi." Je suis conscient que De Wever s'y rend avec d'autres objectifs. Mais je le supplie d’évoquer le nom de ma fille avec Modi." Davy a envoyé cette demande au Premier ministre par e-mail.

Le Premier ministre indien, Narendra Modi, avec lequel Bart De Wever devrait longuement s'entretenir.

L'Inde n'est pas signataire de la Convention de La Haye sur le rapt d'enfants. "Une extradition par cette voie n'est pas possible. J'espère donc que le Premier ministre pourra mettre en place une forme de coopération entre les autorités indiennes et belges." "Il existe un cas similaire aux Pays-Bas, impliquant un enfant enlevé par son père qui se trouve actuellement en Inde. Le Premier ministre néerlandais Rob Jetten a abordé la question avec Modi. Si les Pays-Bas peuvent le faire, pourquoi la Belgique ne le pourrait-elle pas ?"

Quoi qu'il en soit, Davy espère que De Wever pourra ainsi exercer une pression sur le Premier ministre Modi. "L'Inde souhaite faire du commerce avec l'Union européenne. Mais si Modi apprend qu'il existe déjà deux cas de ce genre, cela pourrait bien faire bouger les choses."

Le courriel a été bien reçu par le cabinet du Premier ministre. Le ministère des Affaires étrangères Maxime Prévot a déjà contacté Davy De Witte et a fait savoir qu'il attendait la décision du tribunal concernant le rapt parental.

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