Dans une interview accordée ce lundi à la radio commerciale francophone Bel RTL, le Premier ministre Bart De Wever s'est exprimé sur les économies budgétaires au sujet desquelles le gouvernement fédéral va devoir prendre des décisions. "Nous sommes dans une situation où tout le monde va ressentir les conséquences de ce que nous faisons, peu importe comment nous le faisons", a-t-il déclaré. Il avoue y penser souvent et en avoir des insomnies.
"Tout le monde va sentir les conséquences" des économies budgétaires, annonce le Premier ministre De Wever
Le Premier ministre était interrogé sur son état d'esprit alors que le gouvernement fédéral devra décider d'importantes économies dans les prochaines semaines. Il est question de trouver environ 10 milliards d'euros d'ici 2029. Cet effort s'ajoute à toutes les mesures d'austérité déjà mises en œuvre par le gouvernement. La séquence est un extrait d'une interview d'une heure enregistrée au début du mois d'août et diffusée dans un podcast ce lundi.
"Je ne dors pas bien et je pense beaucoup à ça", a confié Bart De Wever, estimant que chacun espère que les efforts seront demandés aux autres. "Tout le monde pense: si on fait des économies, ce sera chez mon voisin, pas chez moi."
De même, lorsqu'il est question d'augmenter les recettes, les contribuables les plus aisés sont généralement désignés, a-t-il poursuivi. "Si on cherche des recettes, ce seront des recettes sur les gens qui sont riches. Et quelqu'un qui est riche, c'est toujours quelqu'un qui est plus riche que toi. Tu n'es jamais riche, c'est quelqu'un d'autre plus riche que toi qui devra payer les comptes."
Mais, selon le Premier ministre, il sera difficile d'éviter que les mesures touchent une grande partie de la population. "La réalité, c'est que nous sommes dans une situation où tout le monde va sentir les conséquences de ce que nous faisons, peu importe comment nous le faisons."
Bart De Wever estime que la population est "mûre" pour ces économies et qu'elle est davantage consciente des difficultés auxquelles la Belgique et l'Europe sont confrontées que ne le pensent les responsables politiques.
"Toute l'Europe est en difficulté, le monde change très vite et l'Europe est devenue un continent vieux. Les Chinois et les Américains nous dépassent, nous ne sommes plus au sommet en innovation, en productivité, et donc nous recevons des coups de partout", décrit De Wever.
Le Premier ministre a également pointé les difficultés européennes en matière de défense. "Nous sommes incapables d’organiser notre propre défense, et nous subissons des humiliations constantes." "Donc les gens savent très bien qu'il faut se mettre en marche et que, certainement en Belgique, nous sommes en grave difficulté", conclut le Premier ministre.
