Une étude menée par des neuropédagogues de l'Institut de recherche en éducation de la KU Leuven (LIVO ) révèle qu’apprendre à lire et à compter modifie le cerveau après une seule année scolaire. "Le développement neurologique des jeunes enfants ne dépend pas uniquement de la biologie ou de la maturation mais est directement influencé par l'éducation", conclut la recherche menée en Flandre.
Apprendre à lire et à compter transforme le cerveau des enfants déjà après une seule année scolaire
L'équipe de recherche a soumis deux groupes d'enfants d'un âge similaire à une série de tests cognitifs ainsi qu'à des examens d'imagerie cérébrale (par IRM). L'un des groupes comprenait des enfants en première année de primaire, l'autre des élèves en 3e maternelle. "Nous avons ainsi pu distinguer l'effet de l'éducation de la maturation cérébrale normale", explique Floor Vandecruys, chercheuse post-doctorale à la KU Leuven.
"Chez les enfants en première primaire, nous avons observé des changements significatifs tant au niveau de l'activité que de la structure cérébrales. Une année d'enseignement rend le cerveau plus réceptif aux mots et aux chiffres. En lecture, cet effet et la différence observée avec les enfants en maternelle sont plus importants que pour le calcul."
"Nous savons depuis longtemps que le cerveau est particulièrement plastique chez les jeunes enfants, mais cette étude démontre objectivement, pour la première fois, que notre cerveau se modifie lorsque nous apprenons de nouvelles choses", pointe le professeur Bert De Smedt.
Une meilleure approche des difficultés d’apprentissage
Des zones cérébrales spécifiques se modifient grâce à l'apprentissage, mais ces évolutions ne sont pas aussi importantes chez tous les enfants. Les scientifiques désirent désormais examiner plus en profondeur ces écarts.
Avec ces connaissances, "nous pouvons étudier plus en détail les mécanismes sous-jacents à certaines difficultés d'apprentissage comme la dyslexie et la dyscalculie", relèvent Floor Vandecruys et Bert De Smedt. "Dans l'étude de suivi, nous nous concentrons sur les enfants présentant un risque accru de problèmes d'apprentissage et nous examinons si la plasticité de régions cérébrales spécifiques joue un rôle. Nous espérons ainsi à terme pouvoir détecter plus tôt ces difficultés et fournir un meilleur soutien aux enfants qui les éprouvent."
