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Une culture de blé

Des chercheurs flamands découvrent comment les plantes se maintiennent au frais pendant les vagues de chaleur

Des chercheurs des universités de Louvain et Gand ont découvert un mécanisme jusqu'alors inconnu que les plantes utilisent pour se protéger pendant les vagues de chaleur. Grâce à cette découverte, ils espèrent rendre des cultures comme le blé plus résistantes au réchauffement climatique.

Anne François Wim De Maeseneer
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On savait déjà que les plantes, tout comme les humains, peuvent transpirer. Elles le font en ouvrant leurs stomates, des pores situés à la surface des feuilles. Cela provoque l'évaporation de l'eau contenue dans la feuille, qui a un effet rafraîchissant. Toutefois, la manière exacte dont les plantes régulent ce processus restait inconnue.

Des chercheurs issus notamment de l'Institut flamand de Biotechnologie (VIB), de l’Université de Louvain (KU Leuven) et de l'Université de Gand (UGent) ont désormais trouvé la réponse. Une protéine baptisée UBP24 semble jouer un rôle clé.

À des températures élevées, cette protéine est stabilisée, ce qui permet à d'autres protéines - celles qui maintiennent les stomates ouverts - de rester actives elles aussi. La plante peut ainsi continuer à se refroidir à mesure que les températures grimpent. "On peut comparer cela à un thermostat qui effectue des ajustements constants", explique le professeur Ive De Smet (VIB-UGent), qui a dirigé les recherches. "Ce thermostat permet aux plantes de savoir quand et pendant combien de temps elles doivent ouvrir et fermer leurs stomates."

Sécuriser les récoltes

"En comprenant mieux le mécanisme qui sous-tend ce thermostat, nous espérons mieux armer les plantes face aux températures élevées qui se présenteront à l'avenir. C'est important, car les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et intenses", poursuit le professeur flamand. "Grâce à des programmes de sélection ou à des modifications de l'ADN, nous pourrions doter les plantes d'un thermostat fonctionnant avec plus de précision, voire capable de s'activer avant même que les températures ne montent réellement."

"Le blé et le soja sont des exemples de cultures dont les rendements peuvent chuter en cas de très fortes chaleurs. Si nous parvenons à mieux armer ces cultures pour résister à la chaleur, nous pourrons contribuer à garantir le maintien des rendements, même dans les régions où les conditions deviennent déjà trop chaudes pour ces plantes."

Une simulation du climat de 2100

Cela ne se fera cependant pas du jour au lendemain, précise le professeur De Smet. "Nos recherches en sont encore au stade du laboratoire. Une prochaine étape importante consistera à étudier l'impact sur la croissance et le développement des plantes en milieu naturel."

"C'est pourquoi nous avons lancé une collaboration avec l'Université de Hasselt. Nous visons à simuler le climat de l’année 2100 dans l'une des chambres climatiques de l'Ecotron, afin de déterminer si les plantes régulent toujours leur refroidissement selon le même mécanisme."

L'Ecotron de l'Université de Hasselt

Ces recherches belges ont été publiées dans la revue scientifique Nature Plants .

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