La ville de Malines (province anversoise) appelle ses habitants à la vigilance en cas de piqûres de moustique, après que le virus du Nil occidental ait été découvert chez des oiseaux et un cheval dans la région. Les médecins et les hôpitaux ont également été informés. De son côté, la Croix-Rouge procède au dépistage du virus du Nil occidental chez les donneurs de sang de la région de Vilvorde (Brabant flamand). Cette mesure est prise sur instruction de l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS), après qu'un cheval de la région ait été testé positif au virus au début du mois d’août.
Virus du Nil occidental: appel à la vigilance à Malines, les donneurs de sang testés dans la région de Vilvorde
"Le virus du Nil occidental est présent chez les oiseaux et est répandu par les moustiques. Un moustique infecté peut également le transmettre aux humains et aux chevaux", explique la ville de Malines dans une communication sur son site internet. "Le risque d'être malade reste limité. Toutefois il est préférable d'être attentif en cas de piqûre de moustique."
Il n'y a toutefois pas de raison d'être inquiet actuellement, insiste le porte-parole des autorités sanitaires flamandes, Joris Moonens. "Nous voyons que le virus circule parmi les animaux et il y a donc naturellement un risque que des personnes soient également atteintes", explique le porte-parole. "Le virus du Nil occidental est rare, ce qui fait que les médecins ne pensent pas immédiatement à lui face à des symptômes typiques comme un état grippal, des maux de tête, et de la fatigue chez des patients, sans cause apparente. Notre message à leur égard est donc : "Pensez que ça peut être le virus du Nil occidental."
Les personnes atteintes par le virus ressentent en majorité des symptômes légers. "Trois personnes contaminées sur quatre n'ont pas de symptômes, le reste a des symptômes légers", ajoute Joris Moonens. "Chez à peine 1% des personnes, les symptômes sont plus sérieux et des soins supplémentaires sont nécessaires."
Plus tôt ce mois-ci, un projet de surveillance mené par Sciensano, qui teste les animaux pour détecter le virus du Nil occidental, avait déjà révélé que certains animaux ont été testés positifs. Ainsi, plusieurs oiseaux ont été infectés dans la ville d'Anvers et un cheval s'est également révélé positif à Vilvorde.
Les donneurs de sang testés
Les donneurs résidant dans les communes de Vilvorde, Zemst, Steenokkerzeel, Machelen et Grimbergen sont donc soumis à un dépistage supplémentaire du virus suite à la confirmation de l'infection d'un cheval dans la région de Vilvorde. Selon Jan Poté de la Croix-Rouge flamande, il n'y a actuellement aucune raison de s'inquiéter. Il souligne que la Belgique est le seul pays européen à imposer un dépistage dès l'infection d'un cheval. "Tous les autres pays ne commencent les tests qu'une fois qu'une infection humaine a été confirmée."
Le virus du Nil occidental circule actuellement parmi la population humaine dans plusieurs provinces italiennes, dans des régions de Grèce et d'Espagne, dans des départements français ainsi que dans certaines zones d'Allemagne, de Roumanie et de Macédoine du Nord. Dans ce dernier pays, cinq personnes sont récemment décédées des suites du virus. Le virus se transmet par piqûre de moustique et peut, dans de très rares cas, provoquer une méningite.
Jan Poté souligne que le virus est surveillé par son organisation depuis des années. "La Croix-Rouge a déjà effectué près de 11.000 tests et n'a détecté aucune infection à ce jour." Il s'attend à recevoir une directive similaire de l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé pour la région de Malines-Willebroek, où des infections ont récemment été confirmées chez des oiseaux et un cheval.
Le virus du Nil occidental circule normalement principalement entre les moustiques et les oiseaux. Les moustiques deviennent porteurs du virus lorsqu'ils piquent un oiseau infecté. L'insecte peut ensuite transmettre le virus à d'autres espèces, notamment aux chevaux et aux humains. Toutefois, les chevaux et les humains ne peuvent pas infecter d'autres animaux ou personnes.
Le virus du Nil occidental circule en Europe depuis les années 1950, mais une épidémie majeure n'a été détectée qu'en 1996, en Roumanie. À l'époque, 393 personnes y avaient été infectées. En Belgique, trois corbeaux ont été testés positifs en 2025. Le virus a également été détecté chez des oiseaux en mai et juillet de cette année.
Chez l'homme, l'infection reste asymptomatique dans environ quatre cas sur cinq ; lorsque des symptômes apparaissent, ils s'apparentent généralement à ceux de la grippe. Une forme neurologique survient dans 1 % des cas, touchant principalement les personnes âgées ou celles dont le système immunitaire est affaibli. Il n'existe pas de vaccin pour l'homme. Eviter les piqûres de moustiques reste donc le seul moyen de protection.

