Après sept semaines de pause estivale, les près de 900.000 élèves francophones de Wallonie et de Bruxelles - et leurs 120.000 enseignants - retrouvent progressivement le chemin de l’école depuis ce lundi matin. Cette rentrée des classes intervient dans un contexte toujours marqué par la vive opposition des enseignants aux différentes mesures d'économies adoptées en juin dernier par le gouvernement MR-Engagés. La ministre de l'Education de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Valérie Glatigny, a annoncé dimanche sur le plateau de RTL-TVI qu’elle "ne souhaite plus proposer d'économies dans l'enseignement d'ici 2029". Ce lundi, elle déclarait au micro de La Première (RTBF) vouloir "relancer le dialogue" avec les acteurs de l'enseignement.
Rentrée dans les écoles francophones ce lundi, sur fond de tensions avec la ministre de l'Education Glatigny
Les syndicats ont émis un préavis d'actions jusqu'à la fin du mois de septembre pour couvrir toutes les expressions de mécontentement de la base. Contrairement à une tradition bien établie, la ministre de l'Education Valérie Glatigny n'a pas prévu cette année de descendre sur le terrain à l'occasion de la rentrée, sans doute pour éviter toute confrontation avec des enseignants mécontents... Pas non plus de visite de terrain prévue pour la ministre-présidente Elisabeth Degryse (Engagés).
Ce retour à l'école est marqué par l'entrée en vigueur d'une batterie de mesures décidées par le gouvernement. Il y a notamment la décision d'augmenter la charge horaire des enseignants du secondaire supérieur de 10%, sans augmentation de salaire. Ces heures en plus pour les uns entraînent des heures en moins pour leurs collègues non-nommés. Ceux-ci sont dès lors contraints de chercher à compléter leur horaire dans d'autres écoles, ou dans le secondaire inférieur.
Introduit progressivement dans le maternel puis le primaire, le nouveau tronc commun arrive à présent en 1re année du secondaire, ce qui génère aussi son lot de changements organisationnels dans les écoles. Cette rentrée des classes est aussi marquée par l'introduction d'un nouveau test (non-certificatif) en début de 4e primaire. Baptisé CLE (pour Calculer, Lire, Ecrire), il a pour mission de déceler les éventuelles lacunes dans ces compétences de base. L'épreuve sera organisée dans le courant du mois de septembre pour les élèves concernés.
Glatigny ne veut "plus proposer d'économies d'ici 2029"
Dimanche soir, sur le plateau de l'émission 'Face à Buxant' sur RTL-TVI, Valérie Glatigny déclarait ne plus souhaiter proposer d'économies dans l'enseignement d'ici 2029. "L'enseignement a fait sa part. Et selon les chiffres actuels, nous sommes dans les clous" en matière de budget, a-t-elle insisté.
À la veille de la rentrée, la ministre est par ailleurs revenue sur les grèves qui ont secoué les écoles ces derniers mois et sur ses relations avec les syndicats, "des partenaires très exigeants". "Organiser des actions à la rentrée, qui est toujours un moment d'émotions, viserait les élèves plutôt que la ministre. Heureusement, j'entends beaucoup de responsabilité de la part des enseignants", a souligné Glatigny.
Une réunion collective avec les syndicats est prévue le 1er septembre. "On a repris début août et depuis, nous avons eu des contacts presque chaque jour avec les représentants des enseignants. Nous avons lancé une invitation collective pour le 1er septembre et les réponses sont positives. Même si certains syndicats refusent de me parler, j'entends qu'il y a une volonté de voir comment renouer le dialogue".
La fin de la nomination des enseignants - l'un des dossiers qui cristallise le mécontentement du secteur - reviendra certainement sur le tapis, après que la ministre ait récemment évoqué un possible abandon du projet. "Je souhaite toujours mettre fin aux nominations tout en stabilisant, dans un premier temps, l'emploi des jeunes dans le métier. Les diplômés qui sortent en 2027 ou ceux qui arrivent dans le métier auront un contrat à durée indéterminée. On verra si par la suite, ils pourront être nommés ou pas. Nous menons actuellement une réflexion sur la faisabilité de la fin des nominations", a précisé la ministre.

