Le Conseil supérieur de la Justice (CSJ) s'est vivement inquiété vendredi des incidents et des propos menaçants survenus au palais de justice de Namur, ainsi que sur les réseaux sociaux, où des appels à la violence ont été lancés contre les magistrats qui ont rendu leur jugement dans le cadre du procès Lenoci.
Le Conseil supérieur de la Justice vivement inquiet des réactions après le jugement dans l'affaire Lenoci
Les juges sont indépendants et impartiaux et une décision judiciaire "n'a pas pour objet de plaire ou de déplaire à l'opinion publique", rappelle le CSJ, sans se prononcer sur la décision elle-même.
Jeudi, le tribunal correctionnel de Namur a condamné le récidiviste Gregory Lenoci à 17 ans de prison pour tentative d'assassinat sur Marc P., qu'il soupçonnait d'agression sexuelle sur son beau-fils de 7 ans. Le verdict a été accueilli dans la salle par des insultes contre la Justice.
Le CSJ rappelle que toute personne contestant un jugement peut exercer les voies de recours prévues par la loi. Toute atteinte à l'indépendance judiciaire ou aux institutions de justice peut mettre en danger l'État de droit démocratique, met-il en garde. "L'indépendance du pouvoir judiciaire constitue un fondement essentiel de l'État de droit démocratique", rappelle le CSJ dans un communiqué.
Gregory Lenoci et son avocat, Me Étienne Gras, devraient par ailleurs très probablement interjeter appel de la décision rendue par le tribunal correctionnel de Namur.
Une agression d’une "extrême violence"
Dans son jugement le tribunal correctionnel a estimé que l'intention d'homicide était établie au regard de "l'extrême violence" de l'agression, du nombre de coups portés et des zones visées, mais aussi des conséquences normalement prévisibles d'une telle attaque. Les propos tenus par Gregory Lenoci avant et pendant les événements, ainsi que les images diffusées, ont également été pris en considération.
La préméditation a elle aussi été retenue. La juridiction s'est notamment fondée sur la planification du rendez-vous avec la victime et sur plusieurs déclarations rapportées par des témoins, dont l'ancienne psychologue du prévenu.
Le tribunal a également tenu compte des antécédents judiciaires du condamné et de sa double récidive générale. En juillet 2021 Gregory Lenoci avait notamment été condamné à cinq ans de prison avec un sursis probatoire de cinq ans, ainsi qu'à 18 mois de prison pour des faits de coups et blessures volontaires. Plus récemment, il avait écopé de deux ans de prison, également pour coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité de travail.
