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Une enquête ouverte sur le concours Miss Model après une plainte pour faits de mœurs

Le parquet a ouvert une enquête visant l’organisation du concours de beauté Miss Model. L’enquête porte sur des faits de mœurs qui auraient été commis par l’organisatrice, originaire de Tessenderlo-Ham. L’affaire a débuté après que la lauréate de l’année dernière, originaire de Tamise (Flandre orientale), a déposé plainte. L’organisation nie les accusations.

Eric Steffens
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L’enquête du parquet vise le concours Miss Model, organisé par Nisa Van Baelen, de Tessenderlo. Elle-même a participé à plusieurs concours de beauté et a notamment été élue Miss Limbourg en 2020 et Miss Exclusive en 2021. En 2023, elle a créé son propre concours : Miss Model.

Mais le concours de beauté est aujourd’hui visé par une plainte. Le parquet du Limbourg enquête pour déterminer si l’organisation a commis des faits de mœurs. Le quotidien Het Laatste Nieuws a révélé l’information, confirmée par le parquet.

Une ancienne Miss a déposé plainte

Charlotte Haesendonck, la lauréate de l’année dernière, a porté plainte contre l’organisation, affirmant avoir été victime de comportements déplacés de la part de Nisa Van Baelen et de son compagnon. Elle aurait eu des relations sexuelles avec eux sans son consentement. Cette jeune femme originaire de Tamise avait déjà témoigné au P-Magazine.

Le parquet ne peut pour l’instant pas donner beaucoup de détails sur l’enquête. "Nous confirmons qu’une enquête a été ouverte", explique Marijke Teunis, du parquet. "Nous confirmons également qu’elle porte sur des faits de mœurs, mais nous ne pouvons pas encore communiquer davantage de détails." VRT NWS a également pris contact avec Charlotte, mais celle-ci n’est pour l’instant pas joignable pour réagir.

Charlotte Haesendonck, la lauréate de l’année dernière.

Mises sous pression et menacées

Charlotte n’est pas la seule à faire état d’expériences négatives avec Miss Model. Une ancienne candidate, Merel Vander Elst, de Bertem (Brabant flamand), témoigne elle aussi. Elle avait participé au concours en 2023.

"Il y a trois ans, je me suis lancée avec enthousiasme dans ce concours de beauté, raconte-t-elle. J’ai rapidement constaté que la réalité était différente de ce dont je rêvais. Les candidates subissaient une énorme pression financière. Il y avait énormément de remarques dévalorisantes sur le physique et beaucoup de pression était exercée sur nous. On attendait de nous que nous vendions un maximum de produits".

Lorsque Merel a dû subir de manière inattendue une opération aux pieds, tout a changé. "Momentanément je ne pouvais plus participer comme avant. Je l’ai immédiatement signalé, fourni des certificats médicaux et expliqué que j’avais besoin de temps pour me rétablir. Malgré cela, j’ai continué à recevoir des appels et des messages. Selon l’organisation, mon absence était injustifiée."

"Ce qui m’a également énormément affectée, c’est que le compagnon de l’organisatrice a commencé à intervenir dans les échanges. Il m’envoyait des messages accusateurs, m’accusait de mentir et disait que je jouais un “jeu déloyal”. Je me suis sentie impuissante, incomprise et complètement seule. Ce qui aurait dû être un rêve s’est transformé en cauchemar. J’ai par la suite reçu une amende de 6.000 euros parce que j’avais quitté le concours."

Merel Vander Elst, une ancienne candidate.

Des démarches judiciaires

Finalement, Merel a décidé d’entreprendre des démarches judiciaires. "J’ai également remporté cette procédure. À ce jour, j’attends toujours de recevoir l’argent auquel j’ai droit en vertu du jugement", explique-t-elle.

"Et je ne suis pas la seule dans ce cas, poursuit-elle. Avec d’autres anciennes candidates, j’attends toujours l’exécution de ces obligations financières. C’est particulièrement frustrant. Après tout ce que j’ai vécu, j’espérais enfin pouvoir tourner la page, mais aujourd’hui encore, cette affaire traîne." 

"J’espère surtout que mon témoignage pourra mettre en garde d’autres jeunes filles. Écoutez toujours votre intuition, ne vous laissez jamais mettre sous pression et sachez qu’aucun titre, aucune couronne ni aucun rêve ne vaut plus que votre santé mentale, vos limites et votre bien-être", conclut Merel.

Réaction de Nisa Van Baelen

L’organisatrice Nisa Van Baelen affirme que ces accusations ne sont pas fondées. « Il est vrai que nous avons eu des relations sexuelles avec Charlotte, mais cela s’est toujours fait avec son consentement mutuel. Cela s’est produit à plusieurs reprises, mais il n’y a jamais eu la moindre goutte d’alcool."

"Cette jeune femme est venue plusieurs fois chez nous et nous avions vraiment une bonne relation. C’est pourquoi ces accusations sont particulièrement difficiles à encaisser. Elle n’a d’ailleurs jamais dit qu’elle se sentait aussi mal par rapport à ce qui s’était passé."

L’organisatrice envisage elle aussi d’engager des poursuites judiciaires. "Nous examinons actuellement avec notre avocat ce que nous pouvons faire. Nous envisageons de porter plainte pour diffamation et calomnie."

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