Pour l’heure, les services de secours parviennent à contenir l’incendie. C’est ce qui a été annoncé lors d’une conférence de presse consacrée au dernier état de la situation. Le feu ne progresse plus, mais il continue de brûler. La situation pourrait s’améliorer ou se détériorer en fonction des conditions météorologiques.
L’incendie dans les Fagnes est provisoirement maîtrisé mais brûle toujours
Les pompiers peuvent désormais accéder à pied à presque toutes les zones. Seule une partie située à l’est de la zone touchée reste difficile, voire impossible, d’accès. Pour l’instant, les hélicoptères et les avions ne peuvent toujours pas être déployés en raison des mauvaises conditions météorologiques.
Si la stratégie actuelle visant à encercler rapidement le feu porte ses fruits, les services de secours ne devraient plus dépendre du soutien aérien. Cette journée pourrait donc être décisive. La superficie brûlée reste d’environ 3.000 hectares.
Les deux pompiers intoxiqués ont pu quitter l’hôpital
Les deux pompiers limbourgeois qui ont été intoxiqués au monoxyde de carbone (CO) au cours des opérations de lutte contre l'incendie qui ravage les Fagnes depuis vendredi ont pu quitter l'hôpital, a indiqué mardi le porte-parole de la zone de secours Zuid-West Limburg dont dépendent les deux hommes.
Les avions et hélicoptères bombardiers d’eau cloués au sol
Il semble que les avions et les hélicoptères bombardiers d’eau ne pourront pas non plus entrer en action cet après-midi. Les deux hydravions suédois et les hélicoptères restent au sol. Un vol d’essai a toutefois été effectué et "quelques largages d’eau ont bien été réalisés".
Mais les conditions météorologiques restent trop mauvaises. "Une couche de brouillard recouvre encore les Hautes Fagnes et elle persiste parce que les températures au sol et dans l’air sont à peu près identiques", explique depuis l’aérodrome de Spa la journaliste de VRT NWS Hilde Mertens.
Comme les appareils ne peuvent pas décoller, les efforts se concentrent pleinement sur le creusement d’une tranchée coupe-feu à l’est de l’incendie.
De nombreux habitants évacués ont pu rejoindre leur domicile
Le centre d'accueil de Malmedy devrait être vide ce mardi soir, a indiqué Jean-Paul Bastin, le bourgmestre de la commune, à Belga. Alors qu'il accueillait une quinzaine de personnes depuis l'évacuation des villages de Sourbrodt ainsi que de Küchelscheid et de Leykaul, à Bütgenbach, l'établissement s'est vidé lundi soir lorsque les habitants de Sourbrodt ont pu regagner leur domicile.
"Lundi soir, sept habitants de Sourbrodt sont rentrés chez eux, quatre sont restés au centre. Ils étaient accompagnés de deux habitants de Bütgenbach, où l'ordre d'évacuation n'a pas encore été levé, et d'une personne sans domicile fixe", détaille Jean-Paul Bastin.
"Ce mardi, les quatre habitants de Waimes ont regagné leur domicile, les deux habitants de Bütgenbach ont été relogés par le CPAS de leur commune et la dernière personne est pris en charge par le CPAS de Malmedy", précise le bourgmestre.
Même s'il n'abrite plus de personnes évacuées, le lieu ne devrait pas retrouver immédiatement sa fonction de hall sportif. "Le centre d'accueil ne sera pas fermé tant que des habitants de Bütgenbach seront évacués", assure le bourgmestre de Malmedy.
L'indemnisation des agriculteurs est en cours d'étude
L'indemnisation des agriculteurs ayant proposé leur aide pour lutter contre l'incendie qui ravage les Hautes Fagnes est "en cours d'étude, tant sur le fond que sur la forme, et sur les possibilités légales de le faire", assure mardi le cabinet de la ministre wallonne de l'Agriculture, Anne-Catherine Dalcq (MR).
Ces dernières heures, des voix se sont fait entendre pour réclamer l'indemnisation des agriculteurs qui ont spontanément mis à disposition leurs machines (tracteurs, camions mais aussi citernes) et ont donné de leur temps pour aider les pompiers.
"Qui va prendre en charge le matériel endommagé lors de cette intervention? Sans eux, la situation serait encore bien pire. Le matériel endommagé doit leur être indemnisé", soulignait ainsi Marc Gilbert, le président de la Fédération royale des pompiers de Belgique, interrogé lundi par Belga.
"La protection des civils et de nos écosystèmes ne peut pas reposer sur l'engagement volontaire des agriculteurs. Entendre la commissaire européenne Hadja Lahbib se féliciter de voir les agriculteurs 'mis à contribution' n'est pas acceptable. User celles et ceux qui sont en première ligne n'est pas tenable. Les récits héroïques et les félicitations ne suffisent pas à tenir face aux évènements extrêmes", abonde ce mardi la Fugea (la Fédération Unie de Groupements d'Éleveurs et d'Agriculteurs).
"Pour l'avenir et face aux risques qui augmentent, il est nécessaire d'améliorer la coordination entre les agriculteurs et agricultrices et les services de secours. C'est une question d'efficacité et de sécurité. Quant à la question de l'indemnisation des acteurs volontaires tels que les agriculteurs, elle doit être discutée", insiste-t-elle.
En France, deux départements (la Seine-et-Marne et l'Essonne) ont récemment annoncé avoir débloqué une enveloppe de 87.500 euros pour indemniser les agriculteurs ayant prêté main forte aux pompiers lors de l'incendie qui a dévasté la forêt de Fontainebleau à la mi-juillet.
