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Un avion survolant la commune de Schaerbeek

Des avions toutes les 4 minutes au-dessus de Schaerbeek : un médecin tire la sonnette d’alarme face aux risques pour la santé

"Les nuisances sonores actuelles causées par le passage des avions rendent les conditions de vie des habitants intenables." C’est ce qu’écrit Elke Platteau, médecin schaerbeekoise et psychiatre en formation, dans une lettre adressée aux ministres Jean-Luc Crucke (Les Engagés) et Frank Vandenbroucke (Vooruit). Elle demande au gouvernement fédéral de prendre au sérieux l’impact des itinéraires aériens controversés au-dessus de Bruxelles sur la santé.

Joris Truyts Eric Steffens
Publié:

Le débat porte principalement sur la route RNP 07L de Brussels Airport. Mise en service l’an dernier, elle entraîne une augmentation du trafic aérien au-dessus de communes bruxelloises densément peuplées comme Schaerbeek, Evere, Molenbeek et Koekelberg. Selon des chiffres récents, le sommeil de plus de 100.000 personnes vivant aux alentours de l’aéroport est fortement perturbé. Elke Platteau insiste sur le fait qu’elle n’a pas écrit cette lettre en tant que représentante d’un groupe de citoyens, mais en tant qu’habitante et médecin alertée par la situation.

"Tout est parti de discussions avec d’autres Bruxellois et des habitants du quartier, explique-t-elle. J’ai de plus en plus souvent entendu de jeunes familles qui investissent dans un logement à Schaerbeek se demander si elles ont encore un avenir ici."

Un impact sous-estimé

Elle-même est confrontée aux nuisances des avions. Dans le quartier de la gare de Schaerbeek, où elle habite, des appareils survolent parfois son domicile toutes les quatre minutes, raconte-t-elle. "Il faut parfois simplement interrompre une conversation chez soi parce qu’on ne s’entend plus."

Dans sa lettre, Elke Platteau s’adresse non seulement au ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés), compétent pour les itinéraires aériens, mais aussi au ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit). Selon elle, l’impact d’une exposition prolongée au bruit des avions sur la santé est sous-estimé.

"Des recherches scientifiques récentes montrent un lien clair entre l’exposition chronique au bruit des avions et de graves perturbations du sommeil, affirme-t-elle. Il ne s’agit pas seulement de la manière dont les gens ressentent ces nuisances. Les chercheurs observent également des modifications objectives du cycle veille-sommeil chez les personnes exposées durablement au bruit des avions."

Un sommeil perturbé

Selon elle, ces perturbations du sommeil peuvent avoir des conséquences qui vont au-delà de la simple fatigue.

"Une exposition permanente active les mécanismes de stress dans l’organisme. La combinaison d’un stress chronique et d’un sommeil perturbé est associée à une vulnérabilité accrue aux problèmes de santé mentale."

Dans sa lettre, Elke Platteau fait également référence à des études scientifiques qui établissent un lien entre l’exposition prolongée au bruit des avions, les troubles du sommeil et un risque accru de problèmes tels que l’anxiété et les symptômes dépressifs.

Le débat sur les itinéraires aériens dure depuis plusieurs mois. Plusieurs communes bruxelloises ont entre-temps saisi la justice et le gouvernement bruxellois tente lui aussi d’obtenir des modifications. Le ministre Jean-Luc Crucke avait précédemment indiqué vouloir parvenir à un accord politique d’ici au 1er octobre pour trouver une solution aux itinéraires controversés. Une première échéance, fixée au 21 juillet, n’a pas été respectée.

Selon Elke Platteau, la frustration grandit entre-temps chez de nombreux riverains.

Je demande que les autorités fédérales prennent au sérieux l’impact sur la santé des citoyens.

Elke Platteau, médecin schaerbeekoise et psychiatre en formation.

"Cette politique a été mise en place sans concertation avec les autorités locales et sans concertation avec de nombreux habitants, déplore-t-elle. Les gens ont besoin de perspectives. Aujourd’hui, on demande énormément de résilience aux Bruxellois."

Elke Platteau reconnaît elle aussi la complexité du dossier des itinéraires aériens. En fonction des conditions météorologiques, les avions doivent utiliser certaines pistes et chaque itinéraire entraîne des nuisances quelque part.

"Je me rends compte qu’il s’agit d’un problème difficile à résoudre, dit-elle. Mais pour beaucoup de personnes, c’est surtout la combinaison de la répétition et de l’intensité du bruit qui est devenue intenable."

Le débat sur les nuisances sonores de Brussels Airport dure depuis des années.

Accusé de réception

"Ce problème existe depuis plus longtemps, mais les changements intervenus au cours de l’année écoulée ont un impact sur énormément de personnes. C’est pourquoi, à mes yeux, il s’agit avant tout d’une question sanitaire."

Sa lettre lui a déjà valu de nombreux messages de soutien de la part d’habitants du quartier. De la part des ministres eux-mêmes, elle n’a pour l’instant reçu qu’un accusé de réception.

Elke Platteau espère néanmoins que son appel sera entendu. 

"Je ne demande pas au gouvernement de définir lui-même la solution politique, précise-t-elle. Mais je demande que les autorités fédérales prennent au sérieux l’impact sur la santé des citoyens. Nous ne devons pas sous-estimer les effets des nuisances sonores chroniques sur les personnes."

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