Koldo Casla, rapporteur spécial sur le logement convenable aux Nations unies (Onu), a émis de vives critiques à l'encontre de la politique des autorités flamandes en matière de logements sociaux. Dans sa lettre adressée au gouvernement flamand, il évoque notamment le durcissement des conditions d'accès qui, selon lui, pourrait entrainer des discriminations et une exclusion sociale.
Un rapporteur de l'Onu critique la politique flamande en matière de logements sociaux
Le gouvernement Diependaele a mis en place cette année de nouvelles règles en matière d'accès à un logement social. À partir du 1er janvier 2028, les personnes qui figurent sur une liste d'attente devront se tourner vers l'Office flamand pour l'Emploi (VDAB) si elles n'ont pas de travail. À l'heure actuelle, cette mesure ne s'applique qu'aux locataires effectifs.
En outre, les demandeurs de logement à prix réduit devront pouvoir justifier d'une capacité linguistique en néerlandais d'un niveau B1, contre un niveau A2 moins élevé précédemment.
Ce dernier point suscite des critiques du rapporteur spécial : "Bien que je respecte l'engagement des autorités flamandes pour la protection et la promotion de la langue locale et nationale, cette politique peut conduire, lorsqu'elle s'applique au domaine des aides publiques au logement, à de l'exclusion sociale et de la ségrégation géographique".
Le rapporteur souligne en outre que la plupart des logements sociaux sont attribués aux demandeurs qui vivent depuis au moins cinq ans dans la commune. Il estime que cette situation peut être préjudiciable aux personnes vivant en situation de pauvreté, notamment les sans-abri.
Vluchtelingenwerk Vlaanderen proteste aussi
"Selon les traités de l'Onu, les Etats s’engagent à faire en sorte que le droit au logement ainsi que d'autres droits économiques, sociaux et culturels soient exercés sans discrimination", selon Koldo Casla. Il appelle les autorités flamandes à appliquer sans discrimination le droit au logement, "pour tous les migrants, indépendamment de leur nationalité, de leur statut administratif, conformément aux droits de l'homme et au droit international des réfugiés".
L'organisation flamande d’aide aux réfugiés Vluchtelingenwerk Vlaanderen s'oppose également à l'instauration de barrières supplémentaires et rejoint l'avis du rapporteur de l'ONU. "Avoir un toit au-dessus de la tête est un droit fondamental et une condition essentielle pour bâtir sa vie", a commenté Thomas Willekens sur LinkedIn.
"La solution à la pénurie de logements abordables n'a rien de nouveau : il faut créer une offre suffisante et orienter les personnes vers ces logements sur un pied d'égalité. Ériger des obstacles supplémentaires ne profite à personne."
Le cabinet de la ministre flamande du Logement, Melissa Depraetere (Vooruit), n'a pas encore réagi.
