La taxe douanière de trois euros sur les petits colis importés de pays tiers à l'Union européenne, en vigueur depuis le 1er juillet, a déjà rapporté 42,5 millions d'euros au trésor public belge en un mois. Les chiffres rapportés par le quotidien flamand Het Laatste Nieuws ont été confirmés par le service des douanes à VRT NWS.
La taxe sur les petits colis a rapporté plus de 42 millions d'euros aux caisses de l'Etat en juillet
L’an dernier, pas moins de 1,3 milliard de petits colis sont entrés dans l’Union européenne via l’aéroport régional de Liège-Bierset. Cela représente une moyenne de 3,6 millions de paquets par jour, dont une grande quantité proviennent des entreprises chinoises Shein, Temu et AliuExpress. Il s'agit donc d'un volume considérable de colis, dont aucun n'était soumis aux droits de douane.
La situation a changé début juillet. Depuis lors, toute personne commandant en ligne des produits d'une valeur inférieure à 150 euros en dehors de l'Union européenne doit s'acquitter d'une taxe de 3 euros. Cette mesure temporaire vise à décourager l'importation de produits bon marché - provenant notamment de Chine – qui génèrent une surcharge de travail pour les douanes, mais aussi à lutter contre la concurrence déloyale et la fraude.
Début août - à peine un mois après l’entrée en vigueur de la taxe - la mesure semble déjà avoir produit ses effets. Les premières estimations font état d'une baisse d'environ 35 % du nombre de colis déclarés en douane, soit une diminution de 1,26 million de paquets de faible valeur.
Cela ne signifie cependant pas que les entreprises visées - des détaillants en ligne tels qu'AliExpress, Temu et Shein - ont enregistré une baisse significative de leurs ventes. Elles s'étaient en effet bien préparées. "Elles ont importé massivement des marchandises en Europe pour les y vendre depuis leurs propres entrepôts de stockage", explique Kristian Vanderwaeren, directeur général des Douanes. "Les articles expédiés aux consommateurs européens depuis ces sites ne sont pas soumis à la taxe de 3 euros."
Glissement vers les envois groupés
D'après l'économiste Roel Gevaers de l'Université d'Anvers, les plateformes chinoises de commerce en ligne ont encore une autre stratégie : elles rassemblent désormais plusieurs produits au sein d'un même colis plus imposant pour contourner la taxe européenne. Le nombre de colis dont la valeur dépasse les 150 euros - et qui ne sont donc pas soumis à cette taxe – a d’ailleurs augmenté de 10%.
Le patron de l'Administration générale des douanes et accises, Kristian Vanderwaeren, confirme ce glissement vers des envois groupés.
Bien que les entreprises aient trouvé des moyens créatifs de maintenir leur niveau de ventes en Europe, l'impact de la taxe sur les colis continue de se faire sentir. Les mois à venir permettront de mieux cerner l'ampleur réelle de cette mesure, mais rien qu'au mois de juillet, elle a généré 170 millions d'euros de recettes.
"S'agissant d'un droit d'importation européen, 75 % des recettes sont versés à l'Union européenne", explique Kristian Vanderwaeren. "Les 25 % restants - soit environ 42,5 millions d'euros - reviennent à la Belgique. Si ces recettes sont certes bienvenues, le montant en lui-même n'est pas particulièrement spectaculaire à ce stade."
Les recettes devraient augmenter
Vanderwaeren s'attend toutefois à une hausse des recettes, notamment parce que l'été est traditionnellement une période plus calme et que les stocks des entrepôts européens s'épuisent progressivement, en particulier après le Black Friday et la période de Noël.
"Tant qu'elles continuent d'approvisionner leurs entrepôts, ces entreprises n'ont pas à payer la taxe de 3 euros par petit colis. Elles s'acquittent néanmoins des droits de douane classiques. Le processus génère donc tout de même des recettes."

