Depuis le début de l'année dernière, quatre jeunes enfants sont décédés en Flandre des suites d'une infection à pneumocoque. L’information rapportée par le journal Het Laatste Nieuws est confirmée par le Département des Soins (en charge de la Santé publique, du Bien-être et de l Famille en Flandre). Les enfants avaient été infectés par un variant émergent de la bactérie pneumocoque, contre lequel le vaccin actuel n'offre aucune protection. Pourtant, un vaccin à plus large spectre est déjà disponible sur le marché.
Quatre enfants sont décédés en Flandre d'une infection à pneumocoque depuis 2025, le Département des Soins évalue un nouveau vaccin
Le nombre de Belges contractant une infection grave à pneumocoque augmente d'année en année. En 2025, on a recensé 2.500 cas d'infection invasive, soit 400 de plus que l'année précédente.
Cette hausse est principalement due à la propagation d'un variant bactérien spécifique, le 12F. L'an dernier, une infection invasive à pneumocoque sur cinq était causée par ce variant, ce qui en fait la cause la plus fréquente de maladie invasive à pneumocoque en Belgique.
Que sont les pneumocoques ?
Il existe plus de 90 types de pneumocoques. Ce sont des bactéries susceptibles de provoquer des infections respiratoires légères, mais aussi d'entraîner des maladies graves. Ils constituent la cause la plus fréquente de pneumonie.
Si ces bactéries pénètrent dans la circulation sanguine, elles peuvent provoquer une septicémie ou une méningite. On parle alors d'infection invasive à pneumocoque. Les jeunes enfants et les personnes âgées de plus de 65 ans sont particulièrement exposés au risque de telles infections graves.
Nouveau variant en progression
Rien qu'en Flandre, quatre jeunes enfants sont décédés depuis le début de l'année 2025 après avoir contracté le variant 12F. Cette information a été confirmée par le Département des soins. Pourtant, les bébés de notre pays sont systématiquement vaccinés contre les infections à pneumocoques.
"Le vaccin gratuit contre le pneumocoque protège contre 13 sérotypes de la bactérie, mais pas contre le variant 12F", explique Joris Moonens, porte-parole du Département Soins. "Cette variante n'est pas intrinsèquement plus dangereuse, mais nous constatons qu'elle supplante les 13 types contre lesquels nous vaccinons avec succès."
Passer rapidement à un nouveau vaccin n'est pas si simple
Joris Moonens, porte-parole du Département des Soins
Il existe pourtant déjà sur le marché un vaccin à plus large spectre qui protège contre le variant 12F. À la fin de l'année dernière, le Conseil supérieur de la santé a recommandé d'intégrer ce vaccin antipneumococcique élargi au calendrier vaccinal de base.
"Notre objectif est toujours de suivre les recommandations du Conseil supérieur de la santé, mais le passage à un nouveau vaccin a toujours des répercussions", précise Joris Moonens. "Ce vaccin élargi nécessite quatre doses au lieu des trois actuelles et doit être administré à des âges différents. Opérer ce changement rapidement n'est donc pas si simple."
Un vaccin plus onéreux
Avec un prix de 270 euros, le nouveau vaccin est également plus cher que l'actuel. "Le surcoût exact ne sera connu qu'une fois l'appel d'offres lancé et les propositions de prix des fabricants reçues", indique Joris Moonens. "Cette séance de vaccination supplémentaire engendre également des frais."
"En revanche, moins de personnes tomberont malades, ce qui pourrait permettre de réaliser des économies sur les coûts de santé. Ce sont des facteurs qu'il faut mettre soupeser, et c'est précisément le travail que nous effectuons actuellement."
