Le Comité de filtrage interfédéral (CFI), qui a pour mission d'analyser les investissements directs étrangers et d'évaluer s'ils présentent des risques pour la sécurité nationale et les intérêts stratégiques du pays, a décidé de bloquer le passage sous pavillon chinois de la société flamande d'hélicoptères Noordzee Helikopters Vlaanderen (NHV). L'entreprise basée à Ostende assure le transport de personnel vers des parcs éoliens et des plateformes pétrolières essentiels à l'approvisionnement énergétique. Elle est aussi en lice pour l'obtention d'un important contrat de maintenance auprès du ministère de la Défense.
Le gouvernement bloque le rachat d'une société d'hélicoptères belge par un acteur chinois, en raison de "risques pour la sécurité nationale"
La société Noordzee Helikopters Vlaanderen, détenue depuis 2013 par la société d'investissement française Ardian et disposant de 400 employés, avait annoncé en décembre dernier un accord pour vendre l'entreprise ostendaise à la société irlandaise de location d'hélicoptères GDHF. Celle-ci est une filiale du groupe chinois GDAT.
Le Comité de filtrage interfédéral a pointé une série de "risques pour la sécurité nationale, les intérêts stratégiques de la Belgique et d'éventuels liens avec le secteur de la défense", a expliqué le ministre fédéral de l'Économie David Clarinval. La transaction n'aura donc pas lieu.
Selon le gouvernement fédéral, c'est la première fois en trois ans que les pouvoirs publics bloquent un tel rachat. La décision est donc très inhabituelle. Le ministre de l’Economie David Clarinval réaffirme cependant que la Belgique reste ouverte aux investissements étrangers. Le CFI "n'a donc certainement pas pour but de décourager les investissements, mais de garantir que notre sécurité nationale, nos infrastructures critiques ou notre autonomie stratégique ne soient pas compromises", a-t-il ajouté.
