Le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, souhaite ouvrir le débat sur l'opportunité de prévoir des règles spécifiques applicables aux jeunes conducteurs encore inexpérimentés qui prennent le volant des véhicules les plus puissants. Une telle mesure est en vigueur en Italie depuis des années, et la France a récemment adopté une législation similaire. Les avis sont cependant partagés quant à son utilité.
Le ministre Crucke veut ouvrir le débat sur une interdiction d'accès aux véhicules très puissants aux conducteurs novices
L'objectif est d'examiner si une telle approche pourrait contribuer à renforcer la sécurité routière. Aucune décision n'a été prise à ce stade. Le ministre belge de la Mobilité souhaite d'abord qu'une analyse objective permette d'en évaluer l'intérêt, les effets et les conséquences pratiques, a-t-il indiqué ce mercredi. Une analyse que vient de publier l'Institut pour la sécurité routière Vias révèle cependant que les statistiques sur les accidents de jeunes conducteurs montrent que des véhicules puissants sont rarement en cause.
Le parlement français a approuvé fin juillet une loi qui interdit aux détenteurs d'un permis de conduire depuis moins de trois ans de conduire des véhicules puissants. Vias émet des réserves quant à la pertinence de cette mesure. Selon les chiffres des accidents impliquant de jeunes conducteurs âgés de 18 à 24 ans, seuls 3% concernent des voitures de plus de 200 chevaux. Pour l'ensemble de la population, ce pourcentage monte à 6%.
Pour Jean-Luc Crucke, les expériences étrangères montrent que la question du lien entre l'expérience de conduite, la puissance des véhicules et la sécurité routière fait déjà l'objet de réflexions dans plusieurs pays et pourra utilement nourrir le débat en Belgique.
"Il est légitime d'ouvrir le débat sur les conditions d'accès aux véhicules les plus puissants pour les conducteurs disposant de peu d'expérience. Cette réflexion doit toutefois rester guidée par le bon sens. Il n'est pas question de pénaliser les ménages aux revenus moyens ni d'entraver l'exercice d'une activité professionnelle. Notre objectif est simple: renforcer la sécurité routière tout en tenant compte des réalités sociales, économiques et des besoins de mobilité des citoyens", a souligné le ministre fédéral.
