La deuxième vague de chaleur nationale de l'année est devenue réalité ce mardi, annonce le météorologue David Dehenauw de l’Institut royal météorologique (IRM) sur le réseau social X. Une température de 30,1 degrés a été enregistrée ce mardi à Uccle. La navigation fluviale est de plus en plus affectée par la canicule et sécheresse persistantes.
La Belgique traverse officiellement sa deuxième vague de chaleur de l'année
La vague de chaleur a débuté mardi dernier, le 28 juillet. Selon David Dehenauw, elle devrait prendre fin jeudi ou vendredi avec des températures qui redescendraient sous les 25 degrés.
Pour rappel, l'IRM parle d'une vague de chaleur à l'échelle nationale lorsque les températures maximales à Uccle atteignent 25 degrés pendant au moins cinq jours consécutifs, dont au moins trois jours au-delà des 30 degrés.
Les faibles niveaux d'eau affectent la navigation fluviale
La canicule persistante engendre la sécheresse. Les faibles niveaux d'eau des canaux et des rivières entraînent de plus en plus de problèmes en Flandre. "La situation n'est pas réjouissante", indiquait lundi l'association flamande de navigation fluviale Koepel Binnenvaart Vlaanderen. "S'il ne pleut pas dans les semaines à venir, la situation va encore s'aggraver". L'agence Vlaamse Waterweg ne prévoit cependant actuellement aucune mesure supplémentaire.
Pour l'instant, la situation en Belgique n'est pas encore aussi grave qu'en Allemagne, où à certains endroits les bateaux ne sont autorisés à utiliser que les deux tiers de leur capacité de chargement. A Kaub, le niveau du Rhin a baissé de 24 centimètres pour descendre au plus bas depuis le début des mesures en 1880. Dans notre pays, sur certains cours d'eau, les bateaux doivent laisser 10 à 20% de leur cargaison à quai. Mais ce pourcentage pourrait donc rapidement augmenter.
"Nous pensons que s'il ne pleut pas au cours des deux ou trois prochaines semaines, certaines écluses seront bel et bien fermées", estime Philippe Govers (Koepel Binnenvaart Vlaanderen). "Dans ce cas, les bateaux devront laisser encore plus de marchandises à quai. Pour l'instant, nous avons encore la chance que de nombreux cours d'eau puissent être alimentés par l'Escaut".
Problème de salinisation
Cette situation météo engendre à son tour d'autres problèmes, notamment la salinisation. Lorsque, en raison de la sécheresse, le débit d'eau douce dans les rivières est insuffisant ou que le niveau baisse, la contre-pression diminue. L'eau de mer salée peut alors s'enfoncer plus profondément dans les terres et l'eau souterraine saumâtre remonte plus facilement. Dans le canal Albert, la salinisation reste encore modérée, mais le canal Gand-Terneuzen en souffre fortement, estime Philippe Govers.
Il y a environ deux semaines, la Vlaamse Waterweg a pris plusieurs mesures. Il est notamment prévu de regrouper les passages d'écluses. Lundi, la Vlaamse Waterweg s'est réunie pour évaluer la situation et a décidé qu'aucune mesure supplémentaire n'est nécessaire pour l'instant, confirme un porte-parole.
"Nous rencontrons surtout des difficultés sur les fleuves, un peu moins sur les grands canaux", poursuit Govers. "Il n'y a pas de restrictions de charge sur les canaux, contrairement à certains fleuves. Notre secteur devient bien sûr plus coûteux si nous ne pouvons plus transporter autant de marchandises. Les clients se tourneront alors vers le transport routier".
Ce phénomène est également observé dans le port d'Anvers-Bruges. Plus de la moitié des marchandises qui quittent Anvers transitent par la navigation fluviale. Selon un porte-parole, la sécheresse de cet été aura certainement une incidence sur les chiffres du port.
