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Guido Nuyts a photographié pas moins de 32 salons-lavoirs anversois.

Quand les salons-lavoirs racontent la ville : Guido Nuyts remporte le Grand Prix de la photographie sociale

Le photographe Guido Nuyts, originaire de Kalmthout (Anvers), a remporté le Grand Prix de la photographie sociale grâce à une série consacrée aux salons-lavoirs d’Anvers. Ce prix est décerné par Linx+, une organisation socioculturelle flamande liée au syndicat socialiste. "Chaque quartier a son propre salon-lavoir et son propre public. Un lavoir est en réalité un lieu qui appartient à tout le monde", confie le photographe à propos de sa série primée.

Nora Eurlings Eric Steffens
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Au départ, Guido Nuyts voulait seulement photographier l’architecture des salons-lavoirs. Mais son projet a évolué et ce sont les personnes qui les fréquentent qui ont fini par devenir le véritable sujet de sa série.

"Dès que je suis entré dans ces lieux, j’ai vu des gens qui s’entraidaient, discutaient ou attendaient simplement ensemble que leur linge soit prêt. J’ai trouvé cela bien plus intéressant que les bâtiments eux-mêmes", raconte le photographe.

Au fil de son projet, au cours duquel il a photographié pas moins de 32 lavoirs, Guido Nuyts a découvert que ces lieux sont bien plus que des endroits où l’on lave ses vêtements.

"Tout le monde veut avoir une apparence soignée et porter des vêtements propres, quelle que soit sa couleur de peau ou la langue qu’il parle. C’est quelque chose de profondément humain. À travers mes photos, je veux montrer les gens dans leur dignité".

"Un lieu ouvert à tous"

Les clichés de Guido Nuyts se distinguent par la diversité des personnes qu’il a photographiées. Étudiants, nouveaux arrivants, personnes vivant dans une petite chambre ou ne disposant pas d’une machine à laver : "tous partagent le même espace", explique-t-il.

Au fil de sa série, Guido Nuyts a découvert que les salons-lavoirs étaient fréquentés par des personnes aux profils très différents.

"Dans chaque quartier de la ville, on trouve un type de laverie différent et un public différent. On observe beaucoup moins cette diversité à la campagne. Un salon-lavoir est en réalité un lieu ouvert à tous. On y croise parfois un étudiant, parfois une personne qui vient d’arriver en Belgique, parfois quelqu’un qui cherche simplement à s’abriter du froid. C’est ce que je voulais montrer avec cette série."

Ce sont de petites rencontres auxquelles on ne s’attend pas forcément, mais qui en disent long sur la vie en ville.

Guido Nuyts, photographe

"Certains lisent un livre, d’autres travaillent sur leur ordinateur portable, mangent ensemble ou aident une personne qui ne comprend pas le fonctionnement des machines. Ce sont de petites rencontres auxquelles on ne s’attend pas forcément, mais qui en disent long sur la vie en ville."

Mais d’où vient cette fascination pour les salons-lavoirs ?

Comment peut-on se passionner pour les salons-lavoirs ? Pour Guido Nuyts, tout a commencé pendant son enfance.

"J’étais fasciné par le linge qui séchait dehors. Mes grands-parents faisaient encore la lessive dans une cuve avec de l’eau chauffée sur un poêle. Quand je compare cela à la situation d’aujourd’hui, je trouve cette évolution très intéressante."

Les photographies de Guido Nuyts seront exposées dans le cadre d’une exposition gratuite organisée à la maison du peuple Ons Huis, à la Vrijdagmarktplein à Gand, du 14 au 16 août. Plus d’informations sont disponibles sur le site de Linx+.  

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