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Des propriétaires anversois victimes de locataires qui sous-louent leurs logements sur Airbnb avant de les rendre dégradés

Deux locataires anversois enchaînent les logements depuis des années avec un stratagème : les sous-louer sur Airbnb sans toujours payer le loyer et sans l’accord du propriétaire. Sept propriétaires témoignent de milliers d’euros d’impayés et de logements parfois fort endommagés. "Nous n’avons pas encore récupéré un seul euro."

Eric Steffens
Publié:

"Appartement monumental flambant neuf dans un ancien bureau de poste, en plein cœur du centre-ville." C’est ainsi que l’appartement de Dirk, à Anvers, était présenté sur Airbnb. Pourtant, Dirk n’a jamais lui-même mis son bien en location sur la plateforme.

Ce sont en réalité ses locataires, Robert-Jan R. et Nathalie H., qui proposaient l’appartement sur Airbnb. Hors saison, une nuit y était affichée à 161 euros. En période de forte demande, notamment pendant Tomorrowland, le prix pouvait grimper jusqu’à 500 euros la nuit.

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    Le loyer en mars 2022

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    Le loyer en juillet et août 2022

"Cette locataire semblait sympathique, au premier abord. Les premiers mois, ils payaient correctement leur loyer, puis ils ont arrêté. C’est à ce moment-là que j’ai découvert qu’ils sous-louaient aussi l’appartement via Airbnb", raconte Dirk.

Un véritable business

Dirk avait loué son appartement au couple il y a quatre ans. Depuis, ils semblent être passés d’un logement à l’autre. La rédaction de VRT NWS a recueilli les témoignages de sept propriétaires – six à Anvers et un à Gand – qui disent avoir été confrontés aux mêmes locataires et aux mêmes problèmes.

Joke est probablement la dernière à les avoir eus comme locataires. "Ils ont emménagé chez nous le 1er septembre 2025. Dès le départ, la garantie locative n’était pas en ordre. Et après quatre mois, ils ont cessé de payer leur loyer."

Elle aussi découvre que sa maison est proposée sur Airbnb.

"Nous l’avons appris parce que les voisins se plaignaient du passage incessant de groupes différents, de fêtes et de nuisances nocturnes. Nous avons alors commencé à chercher sur internet et nous avons retrouvé notre maison sur Airbnb", explique-t-elle. "Et à ce moment-là, nous avons également constaté que le même compte proposait plusieurs maisons en même temps."

Tout porte à croire qu’il s’agissait d’un véritable business. Au moment où ils sous-louaient la maison de Joke sur Airbnb, Robert-Jan R. et Nathalie H. louaient simultanément deux autres biens à Anvers, selon plusieurs documents consultés par la rédaction de VRT NWS.

Une cuisine saccagée

Lorsque les locataires sont expulsés, des objets disparaissent régulièrement des logements. Adrien, qui avait loué un bien meublé au couple en 2025, a signalé à la police le vol d’un lave-linge, d’un sèche-linge, d’un canapé et d’un aspirateur.

Chez Fabrice aussi, des objets ont disparu, mais le logement a également été fortement dégradé.

"Nous avons finalement dû saisir le juge de paix pour pouvoir les expulser", raconte-t-il. "Et la veille de l’intervention de l’huissier, ils ont cassé un maximum de choses et d’emporter ce qu’ils pouvaient."

Les images sont éloquentes : les évacuations des éviers ont été obstruées et les robinets laissés ouverts. Les salles de bains ont été inondées et l’eau s’est répandue dans toute la maison.

"L’eau s’écoulait par les luminaires du plafond et s’est répandue sur notre parquet", témoigne Fabrice.

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    Dégâts dans le logement de Fabrice

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    Dégâts dans le logement de Fabrice

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    Dégâts dans le logement de Fabrice

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    Dégâts dans le logement de Fabrice

Des dizaines de milliers d’euros de dégâts

Peu avant leur expulsion, Fabrice avait encore eu un échange téléphonique avec ses locataires. Il a enregistré la conversation. "Le jour où je recevrai une lettre me donnant cinq jours pour quitter les lieux, je vais vraiment tout casser. Au moins, vous serez prévenu", déclare le locataire Robert-Jan R. au téléphone.

"Je vais tout arracher des murs. Il n’y aura plus ni salle de bains ni cuisine. Nous n’avons plus rien à perdre."

Au final, ce n’est pas Robert-Jan R., mais Nathalie H. qui a été condamnée à verser 40.500 euros pour les dégâts locatifs causés dans la maison de Fabrice. Son nom figurait sur le bail.

"Mais nous n’avons jamais récupéré un seul euro", déplore Fabrice, le propriétaire.

"Un sentiment d’impunité"

Entre-temps, les condamnations prononcées par le juge de paix à l’encontre des deux locataires s’accumulent. Notre rédaction a consulté six jugements rendus à leur nom : parfois contre l’un des deux locataires, parfois contre les deux conjointement. Les arriérés de loyers qu’ils devraient rembourser varient d’environ 2.000 à 14.000 euros.

Des contacts avec deux études d’huissiers montrent également que les deux locataires sont connus de leurs services. Ils ont déjà reçu plusieurs missions d’expulsion les concernant.

"Mais entre-temps, ils continuent à faire de nouvelles victimes", déplore Fabrice. Il garde un sentiment d’impunité, même si lui et son épouse ont déposé plainte auprès de la police.

"Que ces personnes puissent s’en sortir aussi facilement… Et que le parquet semble s’en préoccuper si peu, c’est ma grande déception dans cette affaire. Je ne comprends pas", dit-il.

C’est également le sentiment d’Adrien, qui avait loué son logement aux deux locataires en 2025 et qui a lui aussi porté plainte auprès de la police. La rédaction de VRT NWS a interrogé le parquet d’Anvers sur l’état d’avancement du dossier, mais celui-ci n’a pas souhaité réagir.

"Même si plusieurs plaintes ont déjà été déposées, rien n’est fait pour empêcher qu’il y ait une nouvelle victime. Cela ne s’arrête jamais", affirme Adrien. "Tout est fait pour protéger les locataires. Mais que se passe-t-il lorsque votre locataire est un criminel ?"

La rédaction de VRT NWS a aussi tenté de contacter les locataires mais ceux-ci ont refusé de répondre.

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