Ryanair a annoncé mercredi retirer cinq avions basés à l'aéroport de Charleroi et réduire son offre de deux millions de sièges en Belgique (aéroports de Charleroi et de Zaventem), à partir de la prochaine saison hivernale et lors de la saison estivale 2027, en réponse à la hausse de la taxe sur les billets d'avion.
Ryanair retire 5 avions de Charleroi en raison de l'augmentation de la taxe aérienne, un expert relativise
Le gouvernement fédéral a décidé samedi que la taxe d'embarquement aux aéroports, qui s'élève actuellement à 5 euros, passera finalement à 7 euros à partir du 1er janvier 2027 et non à 10 euros comme prévu initialement. Une décision qui a été accueillie avec soulagement par les autorités wallonnes, qui craignaient des répercussions négatives pour l'aéroport de Charleroi. Quoique moins forte que prévu, la hausse reste donc trop élevée au goût de Ryanair.
"Il est absurde que le gouvernement fédéral ait décidé d'augmenter la taxe aéronautique de la Belgique de 250% à partir de janvier 2027", tout particulièrement lorsque des pays concurrents de l'UE comme la Suède, la Hongrie, la Slovaquie ou l'Albanie, "suppriment les taxes aéronautiques pour stimuler le trafic, le tourisme et l'emploi", a fustigé le CEO de la compagnie aérienne irlandaise, Eddie Wilson.
Une augmentation de 5 à 7 euros de la taxe d'embarquement correspond en réalité à une hausse de 40%.
Une perte de 2 millions de passagers par an
"Nous avions averti le Premier ministre De Wever qu'augmenter la taxe aéronautique de la Belgique conduirait à des réductions de trafic, mais il n'a pas écouté. En conséquence, Ryanair va maintenant retirer cinq avions de notre base de Charleroi et deux millions de sièges des plans de vols à Bruxelles (Charleroi et Zaventem) pour l'hiver '26 et l'été '27 et les relocaliser vers des économies plus compétitives", ajoute Eddie Wilson, cité dans un communiqué.
La compagnie aérienne à bas coût dispose à Charleroi de l'une de ses principales bases d'Europe continentale. Le mois dernier, Ryanair avait averti qu'elle réduirait ses activités en Belgique si le gouvernement fédéral augmentait la taxe sur les billets d'avion. La compagnie avait alors menacé de retirer cinq de ses 19 avions opérés à Charleroi à partir de l'hiver et de supprimer 20 liaisons (15 à Charleroi et cinq à Zaventem) représentant une perte de deux millions de passagers par an.
"Un scénario classique en hiver"
Un expert relativise toutefois la décision de Ryanair. "La compagnie a toujours basé entre 11 et 18 avions à Charleroi", explique Wouter Dewulf, économiste spécialisé dans le transport aérien à l'Université d'Anvers. "En hiver, Ryanair retire traditionnellement une partie de sa flotte, tout simplement parce que la demande est plus faible ou que certains appareils doivent subir leur entretien. Charleroi reste d'ailleurs l'une des bases les plus rentables de la compagnie."
L'expert estime néanmoins que Ryanair pourrait lancer un plan d'économies dans les prochains mois.
"Les résultats financiers ont été inférieurs aux attentes. Au dernier trimestre, le bénéfice de Ryanair a chuté de 34 %, à 593 millions d'euros. Cette baisse s'explique notamment par la hausse des prix du carburant et par la guerre au Moyen-Orient."
Selon Wouter Dewulf, certaines liaisons pourraient donc être supprimées, au-delà des réductions habituelles de la saison hivernale.
"Je m'attends à ce que quelques lignes marginales disparaissent, non pas en raison de la taxe aérienne, mais parce que la hausse du prix du pétrole les rend moins rentables. En revanche, si Ryanair peut attribuer ces économies à l'augmentation des taxes, tout en exerçant une pression sur les autorités, elle ne s'en privera pas".
