Un deuxième centre de retour européen pour les demandeurs d'asile dont la procédure ne relève pas de la compétence belge ouvrira ses portes cet automne à Nazareth-De Pinte, en Flandre orientale, a annoncé ce mardi la ministre à l'Asile et la Migration, Anneleen Van Bossuyt. Ce centre disposera de 300 places et vise à lutter contre la migration secondaire vers la Belgique. La commune réclame une communication claire et des garanties de sécurité.
Un deuxième centre de retour pour demandeurs d'asile ouvrira à l'automne, en Flandre orientale
Ce centre sera destiné aux demandeurs de protection internationale entrés dans l'Union européenne via un autre État membre et ayant ensuite rejoint la Belgique. Selon les règles européennes, le premier État membre où ils arrivent est responsable de la procédure d'asile.
"Il ne peut y avoir qu'un seul État membre responsable d'une demande d'asile. Avec ce centre, nous indiquons clairement qu'il est inutile de poursuivre son voyage vers la Belgique. Toute personne arrivée dans un État membre européen autre que la Belgique sera placée dans ce centre et renvoyée", souligne la ministre Van Bossuyt dans un communiqué.
Ce nouveau centre s'ajoutera à celui de Zaventem, en Brabant flamand, où les demandeurs d'asile séjournent en moyenne 41 jours. Selon la ministre, le modèle a été évalué positivement par Fedasil et l'Office des étrangers. "Tout cela vise un seul objectif : orienter les personnes le plus rapidement possible vers l'État membre responsable de leur procédure. C'est plus juste, plus efficace et indispensable pour alléger la charge de notre réseau d'accueil", indique Anneleen Van Bossuyt.
Un hôtel transformé
Le centre sera situé le long de l'autoroute E17. L'actuel hôtel Van der Valk fonctionne encore comme tel, mais cessera bientôt cette activité. Les détails précis de la transformation en centre de retour ne sont pas encore clairement définis. Le bâtiment disposant déjà de l'infrastructure de base nécessaire pourra néanmoins être transformé rapidement et à moindre coût. Le cabinet de la ministre a précisé que les conditions de vie dans le centre ne ressembleraient cependant pas à celles d'un hôtel. "Il s'agit d'un hébergement collectif sommaire, où plusieurs personnes partageront par exemple une même chambre".
"Chaque place que nous mettons à disposition ici permet au réseau d'accueil classique de se recentrer sur les personnes dont la procédure d'asile doit être prise en charge par nos services, ce qui fluidifie le flux", a encore indiqué la ministre.
La commune veut des garanties de sécurité
Le bourgmestre faisant fonction, Thomas Van Ongeval (CD&V), affirme que la commune n'a été informée que récemment de l'arrivée du centre. "Nous n'avons pas été associés à la décision elle-même", déclare-t-il. "Cela relève de la compétence discrétionnaire de la ministre."
"Nous avons simplement été informés que le projet allait se concrétiser et avons eu l'occasion d'exprimer certaines de nos préoccupations lors d'une séance d'information." La commune a demandé des garanties concernant la sécurité et le soutien policier.
La desserte difficile par les transports en commun constitue un autre motif d'inquiétude. Thomas Van Ongeval souhaite la mise en place de navettes afin que les résidents du centre n'aient pas à traverser le village à pied. "Notre préoccupation majeure est la sécurité de nos habitants et, naturellement, celle du voisinage", souligne Van Ongeval. Il demande à Anneleen Van Bossuyt de communiquer en toute transparence et de démontrer qu'un centre de retour européen - à l'instar de celui de Zaventem - engendre peu de nuisances pour les environs.
