Le point d'information touristique Visit.brussels, installé sur la Grand-Place de Bruxelles, a fermé définitivement ses portes ce mardi, au terme d'une journée marquée par une action symbolique du personnel et des organisations syndicales. Cette fermeture s'inscrit dans le cadre du plan de restructuration lancé à la suite de la décision du gouvernement bruxellois de réduire de 64% les subsides alloués à l'Agence régionale de promotion touristique.
Visit.brussels, le point d'information touristique de la Grand-Place, ferme définitivement ses portes
Les syndicats CNE, SETCa et Synova ont distribué des tracts aux touristes venus nombreux sur la Grand-Place, afin de les informer de la disparition de ce service d'accueil. "On voulait leur dire au revoir et les remercier", expliquait Marie Lemeland, permanente CNE. Selon elle, la fermeture ne signifie pas seulement la perte d'un point d'information, mais aussi celle d'un "premier contact humain" avec Bruxelles assuré par des travailleurs capables de conseiller les visiteurs au-delà des renseignements pratiques.
Les employés avaient affiché à l'intérieur du bureau de nombreux avis laissés par des visiteurs afin d'illustrer l'importance de cet accueil personnalisé. "Ce n'est pas seulement donner des informations techniques, c'est donner envie de découvrir la ville", a souligné la permanente syndicale.
Le plan social, conclu après plusieurs mois de concertation entre la direction et les représentants du personnel, concerne 37 travailleurs sur un effectif de 156. Les organisations syndicales disent avoir obtenu un cadre de départ volontaire qu'elles jugent acceptable, tout en estimant que le problème de fond demeure inchangé. Elles indiquent que la mobilisation du personnel a permis de préserver une partie des activités et davantage d'emplois que ce qui était initialement envisagé, sans remettre en cause la décision politique de réduire les missions de l'ASBL.
Réduction des effectifs
Visit.brussels doit faire face à des coupes budgétaires drastiques imposées par le gouvernement bruxellois, s'élevant à 3 millions d'euros pour l'année en cours. D'ici 2029, l'agence du tourisme devra fonctionner avec un budget réduit de 6 millions d'euros.
À la mi-juin, il a été annoncé que l'agence devrait supprimer 37 postes, soit environ un quart de ses effectifs. Le gouvernement bruxellois soutient que des licenciements secs ne seront pas nécessaires pour mener à bien cette réduction des effectifs.
Plus que Google
Dans un communiqué commun, les syndicats dénoncent un "choix politique" plutôt qu'une nécessité budgétaire. Ils rappellent que les centres d'accueil de Visit.brussels ont reçu plus de 1,2 million de visiteurs au cours des cinq dernières années, soit environ 250.000 par an, et constituaient depuis près de 70 ans une porte d'entrée vers la capitale. Selon elles, d'autres arbitrages budgétaires étaient possibles.
L'impact est immédiatement perceptible avec la fermeture des deux offices de tourisme de Bruxelles. "Tout touriste arrivant ici demain devra se débrouiller sans informations. Seuls Google ou les moteurs de recherche pourront encore les aider", estime le syndicaliste Martin Dekeyser.
Selon Dekeyser, Bruxelles ne peut être comparée à Paris, ville qui abrite le Louvre. "Bruxelles est surtout connue pour les institutions européennes, nombre de ses institutions culturelles ne jouissent pas de la même renommée. L'office de tourisme pouvait offrir des conseils personnalisés aux visiteurs, échanger quelques mots avec eux et les orienter avec le sourire. Cette touche personnelle propre à l'office de tourisme disparaîtra."
Dekeyser estime que Bruxelles perd un service essentiel avec la fermeture de ces offices de tourisme historiques. "On peut dire que nous perdons un pan de notre histoire."
