Une œuvre d'art qui attire l'attention sur le passé colonial de la Belgique a été dévoilée au Jardin botanique de Louvain (Brabant flamand). Il y a 66 ans exactement ce mardi - le 30 juin 1960 -, le Congo accédait à l'indépendance vis-à-vis de la Belgique. Par le biais de cette création, la ville universitaire souhaite aussi encourager la réflexion sur l'égalité et la solidarité.
Une nouvelle œuvre d'art invite les habitants de Louvain à réfléchir à la décolonisation et au racisme
L'œuvre est baptisée k:scope. "Il s'agit d'un kaléidoscope, un tube dans lequel on peut regarder. Des miroirs y ont également été intégrés", explique l'échevine Lies Corneillie (Groen). "Chacun y verra quelque chose de différent, et l'on perçoit des variations selon la manière dont la lumière illumine l'œuvre. Elle symbolise les multiples perspectives que l'on peut avoir de la réalité."
La sculpture a été réalisée par les artistes belge et congolais Filip Van Dingenen (50 ans) et Jean Katambayi Mukendi (52 ans). "C'est une structure en acier sur laquelle on peut s'asseoir ou grimper", précise Filip Van Dingenen.
"Nous avons gravé sur les tubes des mots qui nous sont venus à l'esprit durant le processus de création : des termes liés au pouvoir et à la décolonisation. Nous utilisons le néerlandais, l'anglais, le français, le swahili et le lingala."
Défendre l'égalité
Grâce à cette œuvre, la ville de Louvain souhaite encourager la réflexion sur la décolonisation au sens large du terme. "Il ne s'agit pas seulement de l'indépendance du Congo. Il est question de lutter contre le racisme et les rapports de force inégaux, et de défendre l'égalité et la solidarité. Nous voulons que chacun se sente à l'aise dans notre ville", conclut l’échevine Lies Corneillie.
Le projet artistique a coûté environ 170.000 euros à la ville de Louvain.
