Le criminel Freddy Horion, âgé de 78 ans et condamné à la prison à perpétuité, a quitté la prison après 47 ans de détention pour intégrer l'aile fermée du centre public de psychiatrie de Rekem, une section de la commune limbourgeoise de Lanaken.
Freddy Horion a quitté la prison pour être transféré dans une unité fermée du centre de psychiatrie de Rekem
Cette admission fait suite à une décision, début juin, du tribunal de l'application des peines (TAP) ordonnant son placement en institution sous bracelet électronique. Cette surveillance électronique est assortie de conditions strictes, notamment le suivi de son traitement, le respect du règlement d'ordre intérieur de l'établissement ou encore l'interdiction stricte de chercher à prendre contact avec les victimes et la presse.
Freddy Horion a été condamné en 1980 pour avoir tué cinq membres d'une même famille le 23 juin 1979 à Mont-Saint-Amand, une section de la ville de Gand, ainsi que pour l'assassinat d'une commerçante polonaise la même année.
L'homme a déposé plusieurs demandes de libération conditionnelle au cours de ces 20 dernières années, sans succès. Jusqu'à ce que le TAP de Gand lui accorde pour la première fois, le 23 juin 2025, des permissions de sortie, à la condition expresse qu'elles servent à "préparer une admission résidentielle dans un centre spécialisé".
Malgré l'opposition du bourgmestre de Lanaken
En août dernier, le tribunal a constaté que ces démarches étaient effectivement en cours. En octobre, la mesure de faveur de surveillance électronique a toutefois été retirée en raison de "l'absence de plan de réinsertion concret et du risque associé de commettre de nouveaux faits graves". À cette époque, Freddy Horion n'avait pas été accepté dans un centre psychiatrique de Saint-Trond. La possibilité d'intégrer des institutions similaires à Rekem et Bierbeek restait néanmoins envisageable.
Malgré l'opposition du bourgmestre de Lanaken Marino Keulen (Anders) et les craintes du parquet, son admission à Rekem a été actée. "Elle s'est déroulée sereinement en collaboration avec toutes les instances", selon l'administrateur général du centre, Johan Hellings, cité par Het Belang van Limburg.
La cour d'appel d'Anvers avait déjà jugé en 2023 que Freddy Horion devait être admis en institution psychiatrique. Elle avait assorti sa décision d'une astreinte de 1.000 euros par jour de retard dès les six mois de non-effectivité. Cette somme atteindrait donc quelque 770.000 euros à ce jour. La défense du septuagénaire n'était pas en mesure d'indiquer si Freddy Horion a ou non entamé des démarches pour réclamer cet argent.
Vive inquiétude à Lanaken après le transfert de Freddy Horion
Le bourgmestre de Lanaken, Marino Keulen (Anders), a une nouvelle fois fait part de son opposition à l'arrivée de Freddy Horion dans sa commune. "Je continue à penser qu'il aurait mieux valu l'envoyer à l'étranger si l'on voulait lui offrir un accompagnement en psychiatrie médico-légale", a-t-il déclaré.
"La présence de Horion ici est totalement contraire à ma volonté. Il s'agit d'un homme condamné à la peine de mort et responsable de six assassinats. S'il a finalement été admis à Rekem, c'est l'entière responsabilité de la direction de l'OPZC", a-t-il ajouté.
Le bourgmestre évoque également une forte inquiétude parmi les habitants. "L'arrivée de Horion à Rekem suscite beaucoup d'inquiétude. L'avis négatif du ministère public reste aussi présent dans mon esprit : il a été décrit comme une bombe à retardement présentant un risque élevé de récidive. Cette évaluation émane de personnes faisant autorité et a pourtant été écartée par le tribunal de l'application des peines."
La durée de son séjour dans l'établissement n'est par ailleurs pas encore clairement définie, ce qui préoccupe également le bourgmestre. "Que se passera-t-il après quelques mois ? Peut-on imaginer qu'il se promène librement à l'extérieur, même avec un bracelet électronique ? Les habitants en seraient très effrayés. Cela provoquerait une vive agitation", estime Marino Keulen.
Le frère d'une victime déçu
Johan Steyaert, le frère de la victime Roland Steyaert, a réagi avec déception à l'admission de Freddy Horion à Rekem.
"Je ne pensais pas que cela irait aussi vite. J'espérais encore que quelque chose empêcherait sa sortie de prison, mais c'est désormais une réalité."
"Je ne peux rien y faire et ne peux qu'observer ce qui va encore se passer, car avec cet individu, on peut toujours s'attendre à tout."
L'avocat de Freddy Horion, Jürgen Millen, a pour sa part réagi brièvement : "Nous espérons que la sérénité sera respectée et que les équipes de l'OPZC de Rekem auront l'occasion de travailler avec notre client en vue de sa réinsertion."

