Plus d’un mois après le début du procès, le 4 mai à Mons, le jury de la cour d'assises du Hainaut a reconnu Paolo Falzone coupable de sept meurtres et de 80 tentatives de meurtre dans le dossier du drame de Strépy-Bracquegnies, survenu le 20 mars 2022 lors du carnaval. Les jurés ont estimé que les faits ne relevaient pas de l'accident de la route mais constituaient un acte criminel. Antonino Falzone, passager du véhicule au moment des faits, a pour sa part été reconnu coupable de non-assistance à 59 personnes en danger.
Accident du carnaval de Strépy-Bracquegnies: Paolo Falzone coupable de 7 meurtres, Antonino Falzone de non-assistance
Le drame s'était produit peu après 5h du matin, lorsque la BMW conduite par Paolo Falzone avait percuté un groupe de participants au ramassage des Gilles, rue des Canadiens à Strépy-Bracquegnies. Selon l'enquête, le véhicule circulait à 105 km/h au moment de l'impact après avoir atteint 174 km/h quelques secondes auparavant sur une voirie limitée à 50 km/h.
Sept personnes ont perdu la vie à la suite de la collision : Vito Cascarano, Michelina Imperiale, Laure Gara, Frédéric Cicéro, Frédéric D'Andrea, Salvatore Imperiale et Christine Chavrepierre, décédée en septembre 2024 des suites de ses blessures. Quelque 79 autres personnes ont été blessées.
Pour motiver leur décision, les jurés ont notamment retenu le comportement routier de Paolo Falzone avant les faits. Ils ont souligné sa propension à adopter une conduite dangereuse et à rechercher la vitesse, rappelant qu'il avait déjà fait l'objet de sanctions et de mises en garde. L'analyse de ses réseaux sociaux a également été prise en compte.
Pas de préméditation
Le jury a estimé que l'accusé connaissait la limitation de vitesse en vigueur sur le lieu du drame mais avait néanmoins choisi de circuler à une allure excessive. Selon les jurés, ce "fou du volant" a volontairement pris le risque de provoquer la mort de tiers, laquelle était prévisible au-delà de tout doute raisonnable.
Selon les jurés, "il ne faisait pas de doute que la conduite de Falzone provoquerait un jour la mort, la question était de savoir quand cela se produirait", indique la journaliste Caroline Van den Berghe (VRT NWS). Le jury estime qu’au moment des fait, Paolo Falzone utilisait son véhicule comme une arme. D’où la qualification de meurtres et tentatives de meurtres.
La circonstance de préméditation n'a toutefois pas été retenue, les jurés estimant que le délai précédant les faits était insuffisant pour caractériser une préparation du crime.
Pour ce qui est du passager Antonino Falzone, le jury a considéré qu'il avait conscience du danger grave et immédiat auquel étaient confrontées les victimes après l'impact et qu'il n'avait pas apporté l'assistance qui s'imposait. Ni lui ni le conducteur n’ont prêté assistance aux victimes après l’accident. Ils n’ont pas non plus appelé les secours. Le procès se poursuivra la semaine prochaine avec les débats sur les peines à infliger aux deux hommes. Ceux-ci seront suivis d'une nouvelle délibération du jury. Les peines devraient être connues mercredi prochain.

