Aller au contenu principal

Le drapeau israélien, qui flotte à nouveau à l'hôtel de ville d'Anvers sous escorte policière, divise la coalition

Le drapeau israélien flotte à nouveau à l'hôtel de ville d'Anvers aux côtés de nombreux autres drapeaux hissés chaque année durant la saison touristique. Son installation provoque cependant des divisions au sein du collège communal et de l’opposition. Vooruit exige son retrait suite aux événements de Gaza, ce que refuse la N-VA.

Anne François Belga
Publié:

La présence de ce drapeau avait ouvertement créé la discorde au sein de la majorité N-VA-Vooruit l'an passé, à l’ouverture de la saison touristique. La N-VA, parti de la bourgmestre faisant fonction Els Van Doesburg, ne voit pas de raison de le retirer, au contraire des socialistes flamands. Des inconnus s'étaient chargés de le faire disparaître brièvement.

Les points de vue n'ont pas changé depuis lors. La bourgmestre renvoie vers le protocole en vigueur pour le pavoisement de l'hôtel de ville et décide qu'"en l'absence de consensus", il sera appliqué.

D’après le protocole, les drapeaux de tous les pays ayant une représentation diplomatique à Anvers sont hissés à l'hôtel de ville, y compris celui d'Israël. De plus, les drapeaux des États membres de l'Union européenne flottent également sur la Grand-Place de la métropole.

Deux policiers surveillent maintenant la levée du drapeau à l'hôtel de ville. Lors de la réunion du conseil communal en mai, la bourgmestre Els van Doesburg (N-VA) a déclaré comprendre que le conflit suscite des réactions vives dans la ville. "Toutefois, le hissage du drapeau se fait selon un protocole neutre, en accord avec les relations diplomatiques du gouvernement fédéral", avait-elle affirmé.

L'hôtel de ville d'Anvers (1565)

Deux motions

Le parti socialiste avait avancé des solutions de rechange sans convaincre son partenaire. "Nous ne sommes pas satisfaits", déclarait ce mercredi Karim Bachar (Vooruit), échevin anversois de la Jeunesse, de l'Environnement et du Développement de la société. "Nous ne voulons pas de ce drapeau ici et nous considérons cela comme un mauvais signal."

"Israël viole les droits de l'homme", poursuivait Bachar. "Nous demandons une concertation depuis des mois et avons déjà proposé de nombreuses alternatives, comme un drapeau de la paix ou le drapeau de l'Union européenne. Il est regrettable que le protocole soit simplement appliqué."

Dans l'opposition, le CD&V, Groen et le PTB ont réclamé le retrait du drapeau, au contraire du Vlaams Belang. Le parti d'opposition Groen a soumis deux motions pour la prochaine réunion du conseil communal, la première conjointe avec le PVDA. Cette première motion exige le retrait du drapeau israélien et son remplacement par un drapeau de la paix.

La deuxième motion, présentée par le parti écologiste seul, vise à modifier le protocole afin que la ville applique une règle fixe et que le débat ne soit plus récurrent chaque année. "Nous proposons une règle générale : veiller à ce qu’aucun drapeau ne soit hissé à l’hôtel de ville d’un pays au sujet duquel la Cour internationale de Justice a constaté des violations du droit international", a déclaré Bogdan Vanden Berghe. "Aujourd'hui, c'est Israël. Demain, ce sera tout autre pays qui viole ce même droit."

La Coalition anversoise pour la Palestine s'est elle aussi déclarée "très déçue". Elle réclame depuis plusieurs semaines la rupture des relations entre la ville et Israël.

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5