Le gouvernement flamand va soumettre une offre pour le terrain de l'ancien constructeur d'autobus Van Hool, en faillite, situé à Koningshooikt, près de Lierre en province anversoise. L'information a été rapportée par le quotidien Gazet van Antwerpen et confirmée à VRT NWS par le ministre-président flamand. "C'est une opportunité unique d'acquérir 30 hectares pour une grande industrie", a déclaré Matthias Diependaele (N-VA). En entrant dans la course, le gouvernement flamand veut aussi éviter que cet espace stratégique ne soit mis à profit pour créer de l'activité économique.
Le gouvernement flamand est candidat à l'acquisition du site de Van Hool à Koningshooikt
Le site industriel a été mis en vente il y a quelques mois. Le prix de départ est fixé à 20 millions d'euros. Les enchères débuteront ce lundi à 11h. Tout comme la Wallonie, la Flandre manque d'espaces disponibles pour ses entreprises. "En tant que gouvernement flamand, nous avons décidé de participer à cet appel d'offres. Il y a une pénurie de terrains d'activité, notamment pour les grandes industries", explique le ministre-président Matthias Diependaele.
"Pour donner une idée : dans toute la province d'Anvers, il ne reste à peine que 45 hectares de terrains industriels disponibles, et ils sont morcelés. Le site de Van Hool s'étend sur 30 hectares. C'est donc une opportunité unique".
"Le gouvernement flamand n'a nullement l'intention d'agir en tant qu'agent immobilier", souligne Diependaele. "Il s'agit toutefois ici d'un enjeu social considérable. Nous voulons explicitement préserver ces terrains pour le développement futur de la production industrielle", ajoute-t-il. Pour les autorités flamandes, l'objectif est de rendre le terrain rapidement opérationnel et de le mettre à la disposition des entreprises, sans long processus de planification.
Matthias Diependaele ne souhaite pas divulguer le montant maximal que la Flandre est prête à proposer pour des raisons stratégiques. "Le financement provient du budget économique flamand. Il est donc déjà prévu. Nous n'avons pas à chercher de fonds supplémentaires."
À notre connaissance, il n'y a pas d'autres acheteurs potentiels.
Rik Verwaest (N-VA), bourgmestre de Lierre
"Nous sommes très satisfaits de l'initiative de la Flandre. Je pense que l’offre a de bonnes chances", répond Rik Verwaest (N-VA), bourgmestre de Lierre. Il y a quelque temps, le conseil communal avait lui-même pris l'initiative de souligner le potentiel du site auprès de la Flandre.
"Jusqu'à présent, aucun autre candidat ne s'est présenté à notre conseil municipal. Nous offrons ce service à tous afin d'informer les acheteurs potentiels des activités possibles. Ainsi, nous évitons les mauvaises surprises."
La ville de Lierre se réjouit également pour une autre raison. "Les terrains industriels deviennent de plus en plus chers. Il serait regrettable qu'un spéculateur achète le terrain et le laisse en friche pendant des années. Si la candidature flamande est retenue, nous espérons de nouvelles opportunités d'emploi dans notre région prochainement."
Pas de PME
Le gouvernement flamand espère lui aussi la création d'emplois. "Si nous parvenons à acquérir le terrain, nous souhaitons l'aménager pour de grandes industries, et non pour des petites et moyennes entreprises".
Quel secteur ? "Cela dépendra des entrepreneurs privés intéressés. Il est certain, cependant, que nos entrepreneurs recherchent des terrains plus vastes", conclut Matthias Diependaele.
Le Voka évalue le potentiel du site à 8.600 emplois
L'organisation patronale flamande Voka a salué la décision du gouvernement flamand de se porter candidat à l'acquisition du terrain de 30 hectares. "Le site est crucial et a un potentiel de 8.600 emplois", souligne l'organisation.
Le terrain, qui va coûter au moins 20 millions d'euros, a été acheté à l'époque par la famille Van Hool avec une ambition d'élargissement à l'avenir, ce qui n'a jamais abouti. L'initiative du ministre-président flamand Matthias Diependaele est saluée par le Voka, qui souligne depuis un certain temps que les terrains disponibles pour les entreprises dans la région sont presque inexistants.
Une récente étude de Voka montre que le site a beaucoup de potentiel. Dans le meilleur scénario, dans lequel une industrie de haute technologie s'installe sur le site, plus de 8.000 emplois y verraient le jour.
L'organisation patronale demande également à accorder de l'attention au problème des terrains industriels inoccupés. Il s'agit au total de 509 hectares de terrains qui "sont classés en zone industrielle et devraient donc être attribués à des entreprises, mais qui sont bloqués depuis des années". Souvent parce que le sol est sensible à l'eau ou qu'ils ont temporairement servi à d'autres fins.

