La caserne Dossin (Kaserne Dossin) à Malines (Anvers) a accueilli l’an dernier 36 auteurs d’infractions de racisme, de discrimination ou à caractère haineux dans le cadre de visites obligatoires. C’est presque deux fois plus que l’année précédente. Ces 36 personnes ont été orientées par la justice ou par la fédération de football, comme alternative à une sanction. "C'est une approche qui fonctionne", affirme le directeur Tomas Baum.
36 auteurs de racisme ou de discrimination ont effectué une visite à la caserne Dossin dans le cadre de sanctions alternatives
En 2025, la Caserne Dossin a reçu 36 personnes pour une visite "obligatoire". Il s’agissait d’auteurs de racisme, de discrimination ou à caractère haineux. 29 d’entre eux avaient été envoyés par un tribunal, 7 par la fédération de football. En 2024, ils n’étaient encore que 19.
"L’augmentation du nombre de visites s’explique surtout par le fait que nous collaborons avec davantage de partenaires, notamment les parquets et les maisons de justice de différents arrondissements", explique le directeur de la Caserne Dossin, Tomas Baum. "Nous observons aussi un léger rajeunissement du public."
Les 36 personnes ont visité le lieu d’où 25.490 Juifs et 353 Roms ont été déportés dans les années 1940 à bord de 28 convois ferroviaires, principalement vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.
"C’est en outre une approche qui produit des effets. Une condamnation ou une amende ne suffit généralement pas à changer une attitude", estime Tomas Baum.
"Nous proposons une visite adaptée à chaque personne rencontrée. Nous évoquons par exemple les caricatures des années 1940 qui déshumanisaient des groupes de population. Ces mécanismes existent encore aujourd’hui."
"Nous les écoutons aussi, simplement en tant qu’êtres humains. On observe souvent un déclic : ils réalisent qu’ils auraient pu agir, parler ou réagir autrement dans la situation qui les a conduits ici", ajoute-t-il.
Des hommes politiques omme Dries Van Langenhove (Vlaams Belang) et Conner Rousseau (Vooruit) ont également visité la caserne après des déclarations racistes.

