Le centre de recherche Inagro de Roulers (Flandre occidentale) teste déjà à grande échelle des robots qui se déplacent entre les cultures, repèrent les mauvaises herbes et les éliminent sans endommager les plantes. Etant donné que les agriculteurs sont autorisés à utiliser de moins en moins de produits phytosanitaires, ce type de robot désherbeur pourrait constituer une solution à l’avenir.
Des robots désherbeurs testés dans l'agriculture flamande : "Les premiers robots seront sur nos champs d'ici quelques années"
Le centre Inagro mène des recherches sur des robots désherbeurs intelligents, déjà commercialisés, et a présenté ses travaux ce mardi sur des parcelles de démonstration à Roulers.
"Le fait que ces robots soient déjà sur le marché n'est pas un hasard", explique la chercheuse Eva Ampe. "De nombreux produits phytosanitaires ont été retirés du marché. L'opinion publique réclame une réduction de leur utilisation, et certains produits freinent la croissance des cultures ou provoquent des résistances."
Déjà implanté aux Pays-Bas
"Aux Pays-Bas, plus de 25 robots automatisés sillonnent déjà les champs. En Flandre aussi, ces robots sont déjà commercialisés, bien qu'ils soient très chers et qu’il reste encore beaucoup à apprendre à leur sujet. Technologie, techniques de cultivation et surveillance agricole s'entremêlent. Une histoire complexe, en somme", souligne Eva Ampe.
En Flandre, la taille des parcelles, bien plus réduite qu'aux Pays-Bas, constitue un défi supplémentaire et complique le déploiement des robots. "Mais le secteur évolue lui aussi : en août, par exemple, nous espérons tester un robot laser."
Le secteur biologique est intéressé
Eva Ampe constate actuellement un vif intérêt de la part du secteur de l'agriculture biologique, où le désherbage manuel est une tâche intensive. L'intérêt se développe également dans l'agriculture conventionnelle, même si le prix d'achat élevé demeure un frein. "Mais une fois qu'ils ont vu les robots, de nombreux agriculteurs sont convaincus. Je pense que les premiers robots apparaîtront dans nos champs d'ici quelques années."
Kevin Beddeleem, agriculteur bio de Poperinge, envisage déjà l'achat d'un robot désherbeur. "Je consacre actuellement entre 150 et 200 heures par hectare au désherbage manuel", explique-t-il. "Je n'utilise pas d'herbicides et tout ce que le tracteur ne peut pas désherber doit être fait à la main."
"Si un robot peut prendre en charge une grande partie de ces heures de travail manuel, cela représente un gain de temps considérable", poursuit-il. "Le coût est important, certes. Mais si l'on peut amortir cet investissement sur plusieurs années, comparé aux 200 heures annuelles que cela représente, il faut faire le calcul pour voir si cela en vaut la peine."
Coût de revient
Dans ses recherches, le centre Inagro s'intéresse également au coût et travaille sur un modèle de simulation. "Grâce à celui-ci, nous voulons calculer la superficie qu'un agriculteur doit cultiver pour que l'achat soit rentable."
"Bien sûr, on ne souhaite pas que les produits deviennent plus chers du fait de l'utilisation d'un tel robot. Pour les agriculteurs bio, ce calcul est légèrement plus favorable, car leur marge est plus élevée et ils peuvent absorber plus facilement les coûts supplémentaires", conclut Eva Ampe.
