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La réforme des cours de religion et morale annulée dans l'enseignement néerlandophone suite à l'avis du Conseil d'Etat

La ministre flamande de l'Enseignement Zuhal Demir a annoncé jeudi en commission de l’éducation au Parlement flamand que la réforme prévue des cours de religion ou de morale dans l'enseignement officiel n'aura finalement pas lieu, ou en tout cas pas dans l'immédiat. Le gouvernement flamand avait l'intention de "flexibiliser" l'organisation de ces cours dans les écoles, mais un avis du Conseil d'Etat est venu semer le doute sur la faisabilité de cette réforme, a expliqué la ministre.

Anne François Belga
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L'idée était, dès septembre prochain, de permettre aux écoles d'organiser les cours de religion ou de morale de manière plus flexible, pour éviter les heures éparpillées et les profs occupés par des classes de quelques élèves seulement. Le mot d'ordre était donc l'efficacité, avec un objectif d'économies: il devenait possible de rassembler les heures de religion ou morale dans de plus gros "blocs" de cours, par exemple une fois par mois (plutôt que deux heures par semaine), de collaborer entre écoles, de rassembler les classes de différentes années (par degré) ou de différentes formes d'enseignement, de passer si nécessaire par l'enseignement à distance... L'économie, d'abord estimée à 100 millions d'euros par an, a ensuite été revue à 80 millions environ.

Mais, selon Zuhal Demir, le Conseil d'Etat a rendu un avis consultatif critique sur le projet. Au point que la ministre estime qu'il n'est pas faisable, dans l'état actuel des choses, de le mettre en œuvre. Le Conseil d'Etat juge en effet que la flexibilité organisationnelle envisagée va trop loin. Une adaptation de la Constitution serait d'abord nécessaire, interprète la ministre de l’Enseignement.

Dans la majorité, la N-VA et Vooruit se disent en tout cas ouverts à la possibilité d'une révision de l'article 24, qui consacre la liberté d'enseignement. La réforme envisagée était déjà une solution de rechange pour une piste précédente en contradiction avec la Constitution: le remplacement des heures de religion et morale par deux heures hebdomadaires de "dialogue interconfessionnel" pour tous. Fin mai, des centaines d'enseignants de religion et morale ont protesté devant le cabinet Demir, estimant que des emplois étaient en danger.

La ministre Zuhal Demir

Et maintenant?

L’annonce surprenante de Demir faisait suite à une question de la députée flamande Stéphanie D'Hose (Anders). Celle-ci demandait à la ministre si elle comptait développer davantage la possibilité d'exemption pour l'enseignement religieux et philosophique. Seul un nombre infime d'élèves y a recours, a-t-on souligné, faute de cadre. Demir a répondu que ce dossier était lié à la réforme générale des matières religieuses et philosophiques.

Dans sa réponse, D'Hose a noté avec surprise que les économies ne pouvaient donc plus être réalisées non plus. "On se demande quelle politique on peut encore mener avec un tel avis", a-t-elle déclaré. De plus, elle s'est interrogée sur le fait de savoir si la liberté d'enseignement ne se transformait pas ainsi en "absence de liberté".

"C'est incroyable le chaos que cela engendre dans le secteur de l'éducation. Les directeurs d'école se démènent depuis des mois pour faire appliquer la réforme, et voilà que la ministre déclare ici, l'air de rien, que tout cela est abandonné", a ajouté Stéphanie D'Hose.

"La grande question qui se pose maintenant est : et après ? L'objectif de cette réforme monstrueuse était d'économiser 100 millions, mais où la ministre va-t-elle trouver cet argent ?".

La députée libérale Stéphanie D'Hose

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