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Child Focus signale un nombre record de mineurs victimes d'exploitation sexuelle en ligne : "Il faut agir d'urgence"

L'année 2025 a été marquée par une explosion du nombre de victimes d'exploitation sexuelle en ligne, souligne le rapport annuel de Child Focus, la Fondation pour enfants disparus et sexuellement exploités. Le nombre de victimes de sexting sans consentement, grooming et sextorsion a en effet doublé en trois ans de temps, pour atteindre 837 cas rapportés, contre 401 cas en 2023. Cette multiplication des abus est notamment due à l'arrivée de l'intelligence artificielle. Pour Child Focus, ces chiffres soulignent "l'importance d'un cadre législatif solide" concernant les réseaux sociaux.

Anne François Belga
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La plupart des situations impliquent aujourd'hui l'usage d'images, de photos ou de vidéos servant à humilier, extorquer de l'argent à un mineur ou en abuser, constate Child Focus. Les besoins relationnels des jeunes sont alors parfois exploités par des personnes mal intentionnées.

Dans le détail, la Fondation a ouvert 296 nouveaux dossiers de sexting (diffusion ou échange de messages, photos ou vidéos à caractère sexuel) sans consentement. Il s'agit d'une augmentation de 30% par rapport à 2024. Les victimes avaient en moyenne 14 ans et étaient des filles dans 74% des cas.

La sextorsion, c'est-à-dire la menace de diffusion d'images intimes, a connu une croissance exponentielle (+143%), avec 433 nouvelles victimes. Les garçons, dont l'âge moyen n'était que de 15 ans, en ont été particulièrement la cible puisqu'ils représentaient 92% des victimes de sextorsion financière, qui vise à extorquer de l'argent aux victimes. Les garçons constituent désormais, pour la première fois, le groupe le plus important de victimes d'exploitation sexuelle en ligne accompagnées par Child Focus en 2025.

Enfin, l'organisation a recensé 108 cas de grooming, lorsqu'un adulte aborde intentionnellement des mineurs et les manipule à des fins sexuelles. C'est un record absolu. La hausse est ici de 151% et l'âge moyen des victimes est de 13 ans.

Un cadre législatif solide

Child Focus plaide donc en faveur d'une application stricte du "Digital Services Act" (DSA), la loi européenne sur les services numériques qui impose des règles claires aux grandes entreprises de technologie. Les plateformes en ligne telles que Meta (Facebook et Instagram), TikTok et Google "doivent prendre leurs responsabilités pour protéger les enfants", insiste la Fondation belge.

L'organisation soutient également l'élaboration d'un cadre législatif permanent, le règlement "Child Sexual Abuse", qui se concentre spécifiquement sur la lutte contre les violences sexuelles en ligne sur les enfants. Ce texte fait encore actuellement l'objet de négociations. "Nous avons besoin d'une législation efficace garantissant qu'on ne puisse pas partager des images d'abus en toute impunité et que l'on soit effectivement poursuivi si on le fait", souligne encore Child Focus.

Multiplication des récidives de fugue

Le rapport annuel 2025 de Child Focus constate également que de plus en plus de jeunes fuguent à plusieurs reprises. L'an dernier, Child Focus a reçu 2.147 nouveaux signalements concernant des jeunes mineurs ayant fugué, ce qui représente une augmentation de 19% par rapport à 2024. Il ne s'agissait cependant "que" de 1.514 enfants. Cela signifie que les enfants vulnérables fuguent à plusieurs reprises, car les circonstances qui les ont poussés à agir de la sorte n'ont pas changé.

Ce phénomène touche particulièrement les jeunes filles vivant dans des institutions, où le lien avec l'exploitation sexuelle dans la prostitution n'est jamais loin, estime Child Focus. Elles présentent en effet trois fois plus de risques de fuguer à plusieurs reprises.

L'organisation a d'ailleurs enregistré 151 signalements d'exploitation sexuelle de mineurs dans la prostitution, soit une croissance de 60% par rapport à 2024. Dans 61% des cas, les victimes avaient moins de 16 ans et trois d'entre elles n'avaient même pas encore atteint 13 ans.

Dans 58% des dossiers, la victime résidait en institution, et, neuf fois sur dix, un lien entre la fugue et la situation d'exploitation sexuelle a alors été établi. "Les jeunes qui fuguent de chez eux ou de leur institution sont particulièrement vulnérables. Ils risquent de devenir des proies pour des individus malveillants, comme des proxénètes qui leur promettent la sécurité, un logement ou encore de quoi se nourrir", analyse Child Focus.

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