La ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD&V) prépare un projet de loi visant à permettre aux des assistants de surveillance pénitentiaire de travailler de manière plus anonyme. Au lieu de leur nom complet, leur badge ne comporterait plus que leur prénom et un code à cinq chiffres. L’information a été publiée par Het Nieuwsblad et confirmée à VRT NWS par le cabinet de la ministre.
Après des menaces et des violences, les gardiens de prison auront bientôt un badge à code pour protéger leur identité
Cette initiative fait suite à plusieurs années durant lesquelles les assistants de surveillance pénitentiaire, ainsi que leurs familles, ont été la cible de menaces ou de violences. Dans certains cas, leur domicile privé ou leur véhicule ont également été visés.
La ministre Annelies Verlinden qualifie ces formes d’intimidation à l’encontre du personnel pénitentiaire d’inacceptables. "Ils doivent pouvoir exercer leur mission en toute sécurité. Les moyens supplémentaires alloués à la Justice permettent de prendre une série de mesures importantes, dont une meilleure protection des données personnelles", déclare-t-elle.
Dans le même temps, la loi impose que les agents doivent être identifiables, notamment en vertu de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme. C’est pourquoi un numéro d’identification unique serait utilisé.
Les règles d'identification au sein de l'administration pénitentiaire imposent encore aujourd'hui au personnel en uniforme de porter une plaquette nominative affichant le nom et le prénom visiblement sur la poitrine.
"Le nouveau dispositif concilie deux principes fondamentaux : d’une part le droit à l’identification, et d’autre part la protection de la vie privée et, ce faisant, une meilleure protection de l’intégrité physique des agents", précise la ministre.
Selon elle, des mesures similaires existent déjà dans les pays voisins. Elle estime que le projet de loi pourrait avancer rapidement : "Il devrait pouvoir être examinée au Parlement dans les prochains mois."
"Une première étape"
"Nous constatons que certains détenus utilisent les informations figurant sur ces badges pour retrouver les agents sur les réseaux sociaux ou dans leur vie privée afin de les mettre sous pression. Nous espérons que ces problèmes vont en partie disparaître", explique le représentant syndical Robby De Kaey.
Il souligne toutefois que les détenus mal intentionnés disposent d’autres moyens pour obtenir des informations sensibles, notamment via des documents judiciaires. "Le nouveau badge ne suffira pas. C’est une première étape, mais d’autres doivent suivre."
D'autres mesures
La ministre Annelies Verlinden prévoit également d’autres dispositifs. Elle souhaite notamment recourir à des drones pour surveiller les abords des prisons, afin d’empêcher le jet de colis contenant de la drogue ou des téléphones portables par-dessus les murs.
Pour lutter contre l’usage du GSM en détention, des brouilleurs de signal seraient déployés. Enfin, davantage de chiens renifleurs seraient mobilisés pour renforcer la lutte contre les stupéfiants en prison.
