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Les jeunes femmes âgées de 18 à 24 ans s’attribuent une note de bonheur plus faible.

À partir de 18 ans, les jeunes Flamands se disent moins heureux, confrontés à la solitude et à la pression de la performance

En Flandre, si les personnes âgées et les adolescents sont les plus heureux, le niveau de bonheur chute dès l’âge de 18 ans. Les jeunes femmes, en particulier, se disent moins heureuses. C’est ce qui ressort de la "Photo de la Flandre" (Foto van Vlaanderen), une vaste enquête sociétale réalisée à la demande de VRT. Les jeunes évoquent notamment la pression de la performance et la solitude.

Joris Truyts Eric Steffens
Publié:

Qu’est-ce que la "Photo de la Flandre" ?

La Photo de la Flandre est une enquête sociétale menée par VRT depuis 2009. Elle vise à mieux comprendre les préoccupations des Flamands, avec un accent particulier sur les grandes questions de société. L’étude prend la forme d’un sondage en ligne réalisé par le bureau de recherche indépendant Profacts. Elle repose sur un échantillon représentatif de 2.261 Flamands âgés de 12 ans et plus, sélectionnés selon plusieurs critères comme le sexe, l’âge, le niveau d’études et la province de résidence.  

Les Flamands s’attribuent en moyenne une note de bonheur de 7,1 sur 10 dans le cadre de notre enquête Photo de la Flandre. Une analyse plus détaillée révèle toutefois plusieurs différences marquées. Les Flamands les plus jeunes et les plus âgés apparaissent comme les plus heureux. Les 12-17 ans attribuent ainsi une note moyenne de 7,6, contre 7,5 pour les plus de 65 ans. À partir de 18 ans, le niveau de bonheur connaît en revanche une baisse nette, une tendance déjà observée dans de précédentes études.

Les personnes vivant seules, avec ou sans enfants, affichent également un niveau de bonheur sensiblement inférieur à celui des personnes vivant en couple : 6,5 contre 7,4. Parmi les cohabitants, ceux sans enfants se disent légèrement plus heureux que ceux ayant des enfants.

De manière générale, les hommes obtiennent un score de bonheur un peu plus élevé que les femmes. L’écart est particulièrement marqué chez les 18-24 ans : ce sont surtout les jeunes femmes qui déclarent les niveaux de bonheur les plus faibles.

             Les adolescents et les personnes âgées sont les plus heureux

Examinons à présent les raisons invoquées par les personnes qui disent ne pas se sentir bien dans la société.

Les jeunes et les femmes déclarent plus souvent se sentir inférieurs aux autres. La jeune génération — les 18 à 24 ans — obtient également les scores les plus élevés en matière de solitude et de pression à la performance.

Il n’est donc pas surprenant que ce groupe attribue aussi la note la plus faible à sa santé mentale : 6,5 sur 10. Chez les plus de 65 ans, cette note grimpe à 8 sur 10. En ce qui concerne la santé physique, les écarts sont en revanche beaucoup moins marqués.

Les inquiétudes liées à la guerre

Le contexte géopolitique tendu se fait également ressentir : la peur de la guerre figure parmi les principales sources d’inquiétude, tout comme les préoccupations liées à la santé. Ces facteurs pèsent surtout sur le bien-être des personnes âgées.

Les personnes qui se disent malheureuses attribuent principalement leur situation à elles-mêmes. Cette tendance est particulièrement marquée chez les personnes peu diplômées. Dans une moindre mesure, la discrimination et l’exclusion sont également citées.

Par ailleurs, seuls 28 % des répondants affirment explicitement se sentir bien dans la société. Plus des deux tiers ne partagent donc pas ce sentiment.

                            Pourquoi les gens ne se sentent-ils pas bien ?

De précédentes études montrent que trois facteurs jouent un rôle majeur dans le sentiment de bonheur, tous groupes confondus : la famille, une situation financière suffisante et une bonne santé.

Les difficultés financières et/ou une mauvaise santé peuvent peser lourdement sur le bien-être. L’argent ne fait pas nécessairement le bonheur, mais les problèmes d’argent contribuent clairement à des scores de bonheur plus faibles.

Sans surprise, les personnes âgées évoquent plus souvent leur état de santé. Mais elles ont aussi d’autres attentes, de sorte qu’une santé plus fragile ne pèse pas forcément aussi lourd sur leur bonheur.

Les participants à l’enquête portent par ailleurs un regard peu optimiste sur l’avenir. Près de 47 % le qualifient d’"inquiétant", contre seulement 6 % qui le jugent "rassurant". Les femmes se montrent nettement plus anxieuses face à l’avenir.

                  Peu de personnes envisagent l’avenir avec optimisme

Un tournant dans la vie

Comment expliquer cette nette baisse du sentiment de bonheur à partir de 18 ans ? Selon la chercheuse Sara Claes, de l’université de Gand (UGent), qui a consacré son doctorat au bonheur et collabore à l’enquête nationale sur le bonheur, cela s’explique avant tout par l’entrée dans une nouvelle phase de sa vie.

"On ressent la pression liée au fait de devenir adulte. Il faut construire sa propre vie. Cela peut être enrichissant, mais cela s’accompagne aussi d’un certain inconfort. Grandir est toujours un peu douloureux", explique-t-elle. "Les plus de 65 ans obtiennent de meilleurs scores en matière de sérénité. Cette paix intérieure est un levier important du bonheur et peut expliquer pourquoi ce groupe se sent globalement mieux."

Selon la chercheuse, les conséquences de la pandémie de Covid-19 jouent peut-être également un rôle, même s’il est difficile d’isoler une seule cause.

Les adolescents de l’époque de la pandémie de Covid-19 ont aujourd’hui entre 18 et 24 ans.

Sara Claes, chercheuse UGent

"Les adolescents de l’époque ont aujourd’hui entre 18 et 24 ans. Nous avons constaté que la pandémie a eu un impact important sur les jeunes. Si l’on s’est senti mal durant l’adolescence à cause du Covid, cela peut continuer à avoir des effets à l’âge adulte."

Pour Sara Claes, le bonheur résulte d’une interaction entre des facteurs individuels et des facteurs liés à l’environnement. Même si tout n’est pas sous contrôle, certaines choses peuvent être mises en place consciemment.

Elle cite notamment l’importance d’entretenir ses relations sociales, de se concentrer sur ses compétences plutôt que sur ses faiblesses, de dormir suffisamment, de pratiquer une activité physique et de se fixer des objectifs réalistes.

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Les jeunes Flamands sont-ils plus conservateurs qu’avant ? C’est la question posée par l'émission Terzake

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