Depuis le début de la grève chez bpost, au moins 5.500 prélèvements de selles destinés au dépistage du cancer colorectal sont devenus inutilisables. C’est ce qu’indique le Centre flamand de dépistage du cancer. Les échantillons envoyés sont restés en transit pendant plus de 14 jours. Les coûts pourraient atteindre 50.000 euros. Le Centre appelle les participants à renvoyer un nouvel échantillon : "Nous serons ainsi certains que votre résultat est bien fiable."
A cause de la grève chez bpost 5.500 tests de dépistage du cancer colorectal arrivés trop tard sont désormais inutilisables
Patrick, un lecteur du site VRT NWS a envoyé un mail à la rédaction : "Dans le cadre du dépistage précoce du cancer colorectal, j'ai reçu aujourd’hui le message suivant : “Étant donné que l’échantillon envoyé est resté en transit beaucoup trop longtemps, il n’est plus utilisable et nous vous demandons de refaire un prélèvement de selles.” Il ajoute : "Je suis certain de ne pas être le seul dans cette situation."
Un appel au Centre flamand de dépistage du cancer (CVKO), qui organise les tests de dépistage du cancer colorectal, confirme que Patrick est loin d’être un cas isolé. Depuis le début des grèves chez bpost, fin mars, 5.500 échantillons de selles sont devenus inutilisables. Et même si les actions de grève au sein de l’entreprise postale sont désormais terminées, le nombre d’échantillons inutilisables pourrait encore augmenter.
"Nous avons tout de même analysé environ 500 échantillons, mais il s’est ensuite avéré que les résultats n’étaient plus fiables parce que les prélèvements étaient restés trop longtemps en transit", explique le directeur Patrick Martens. "Nous avons alors essayé de bloquer les échantillons avant leur analyse. Nous avons ainsi déjà dû écarter 5.000 prélèvements".
"Et d’autres pourraient encore s’ajouter, car certains échantillons sont peut-être toujours en cours d’acheminement." Même si leur nombre devrait désormais être limité. Le CVKO estime que le total atteindra finalement environ 6.000 échantillons.
Nouveaux courriers, nouveaux kits de test et coûts de personnel
Le Centre de dépistage du cancer envoie à chaque Flamand âgé de plus de 50 ans un kit de test à effectuer à domicile. Ce test permet de prélever soi-même un échantillon de selles et de l’envoyer pour une analyse visant à détecter des saignements invisibles à l’œil nu, susceptibles d’indiquer un cancer colorectal. Le tube contient un bâtonnet et une solution tampon qui permet de conserver l’échantillon utilisable pendant environ 14 jours, même si cette durée peut varier légèrement selon les conditions météorologiques.
Les personnes qui envoient un échantillon doivent également toujours indiquer la date du prélèvement. Cela permet au Centre d’estimer précisément l’ancienneté des selles. Si l’échantillon est resté en transit trop longtemps, un nouveau prélèvement doit être demandé.
Selon le directeur du Centre flamand de dépistage du cancer Patrick Martens, il ne fait aucun doute que la grève chez bpost est à l’origine du problème. "Il n’est pas normal qu’un tube qui entre dans une boîte aux lettres reste bloqué pendant plus de 14 jours."
"Cela nous coûte énormément d’argent, alors que nous n’en sommes pas responsables" poursuit-il. Bpost estime les coûts supplémentaires entre 40.000 et 50.000 euros. Ceux-ci comprennent le coût des nouvelles lettres accompagnées de kits de test, mais aussi les frais de personnel.
Il est évidemment très regrettable que nous devions solliciter à nouveau les personnes qui ont déjà participé et que nous ne puissions pas leur apporter de certitude.
Patrick Martes, CVKO
"Le dépistage du cancer colorectal en lui-même n’est pas menacé", assure Patrick Martens. "Au total, le CVKO teste plus de 400 000 personnes par an. Les 5.500 participations concernées ne représentent qu’un faible pourcentage."
"Mais il est évidemment très regrettable que nous devions solliciter à nouveau les personnes qui ont déjà participé et que nous ne puissions pas leur apporter de certitude. Nous voulons toutefois faire les choses correctement."
Patrick Martens tient également à souligner : "Ce n’est pas le test qui pose problème. L’échantillon a simplement été en transit trop longtemps. À toutes les personnes qui ont reçu une lettre leur demandant d’envoyer un nouveau prélèvement, je veux dire : participez. Vous aurez ainsi la garantie que le résultat est fiable. C’est précisément pour cette raison que nous faisons cela".
Des échantillons retardés surtout dans le Limbourg
"Cette situation nous embarrasse énormément", réagit Mathieu Goedefroy, porte-parole de bpost. "Le dépistage du cancer touche tout le monde de près. Nous sommes parfaitement conscients qu’il s’agit d’envois très importants."
Selon Goedefroy, les envois provenant surtout de la province du Limbourg ont été touchés. "Cela s’explique par le fait que le travail au centre de tri de Liège a été interrompu pendant un certain temps."
Bpost est déjà en discussion avec le CVKO, mais préfère ne pas encore évoquer une éventuelle indemnisation. "Nous allons d’abord attendre de connaître précisément l’ampleur de l’impact, puis nous verrons si un geste commercial est nécessaire. Le CVKO est un grand client fidèle qui envoie chaque année de nombreux courriers via nos services. Ce geste pourrait par exemple prendre la forme d’un remboursement partiel sur de futurs envois. Mais cela doit encore être examiné."
