Aller au contenu principal

Malgré un score stable, la Belgique recule à la 4e place du classement européen LGBTI+

La Belgique recule sur la quatrième marche du podium dans la Rainbow Map annuelle d'ILGA-Europe, annonce mardi l'organisation faîtière des associations européennes LGBTI+.

Eric Steffens Belga
Publié:

Au moyen de cette Rainbow Map, ILGA-Europe réalise une évaluation annuelle de la législation et de la politique sur les droits des personnes LGBTI+ dans 49 pays européens. Ces derniers sont évalués sur la base de 76 critères répartis en sept catégories et reçoivent une note comprise entre 0 et 100%.

La Belgique gravite généralement à la deuxième ou troisième place du classement. Après avoir glissé à la troisième place en 2022, puis regagné la deuxième en 2023, le pays est redescendu en 2024 avec 78%, avant de retrouver sa deuxième position en 2025 avec 85%.

Cette année, notre pays maintient le score de 85%. Malgré cela, il perd deux places dans le classement général, passant du deuxième au quatrième rang.

C'est la progression de l'Espagne qui explique notamment ce recul : passée de la cinquième à la première place en un an, elle gagne 11 points pour atteindre 89%. Elle devance désormais Malte, qui occupait la première position depuis 10 ans et qui se retrouve deuxième avec 88%. L'Islande monte quant à elle sur la troisième marche du podium avec 86%.

"Stagnation de la Belgique et inaction du gouvernement"

Les sept catégories de la Rainbow Map sont : l'égalité et la non-discrimination, la famille, les crimes et discours de haine, la reconnaissance juridique du genre, l'espace accordé à la société civile, le droit d'asile et l'intégrité corporelle des personnes intersexes - domaine dans lequel la Belgique accuse le plus de retard.

Mais selon ILGA-Europe, le recul de notre pays met également en évidence "la stagnation de la Belgique et l'inaction du gouvernement". Pour progresser, notre pays doit sortir de sa passivité actuelle et agir concrètement dans les catégories où il n'atteint pas encore le score maximal.

Pour améliorer son score, la Belgique devra encore évoluer sur plusieurs fronts, notamment en interdisant les interventions médicales non consenties sur les enfants intersexes et en prévoyant des mécanismes de réparation pour les victimes, pointe ILGA-Europe.

Selon l'organisation, des avancées restent aussi attendues en matière de reconnaissance juridique du genre, ainsi qu'en matière de protection des personnes LGBTI+ en demande d'asile. Des progrès sont également nécessaires sur le plan de l'égalité et de la non-discrimination, comme en témoignent les restrictions encore en vigueur pour les dons de sang.

Sentiment d'insécurité de la communauté

De son côté, la fédération flamande LGBTQIA+ çavaria pointe l'"impunité totale" qui règne pour les semeurs de haine en ligne. "Le sentiment d'insécurité au sein de la communauté LGBTQ+ atteint des sommets sur les réseaux sociaux", déplore l'organisation dans un communiqué. çavaria explique cette impunité par le fait que la haine en ligne est considérée, en Belgique, comme un délit de presse. Et que celui-ci relève de la Cour d'assises. Or dans les faits, les délits de haine LGBTQI+ ne sont jamais jugés en assises et donc pas sanctionnés, regrette l'organisation.

Dans une réaction, le ministre fédéral de l'Égalité des chances, Rob Beenders (Vooruit) a pour sa part estimé que l'immobilisme équivaut parfois à reculer. "Le progrès ne va jamais de soi, et les droits acquis ne resteront solides qui si nous continuons à les protéger, à les renforcer et à les ancrer", a-t-il soutenu. Le ministre affirme vouloir s'atteler, entre autres, à une lutte plus efficace contre la haine en ligne, à une meilleure information sur les droits des personnes LGBTQI+ et à la sensibilisation à la diversité et au respect.

Dans la suite du classement d'ILGA-Europe, en cinquième position, figure le Danemark avec 85%. La Finlande, l'Allemagne, la Norvège, la Suède et le Luxembourg complètent le top 10, tous frôlant les 70%. À l'opposé du spectre, l'Arménie, le Bélarus, la Turquie, l'Azerbaïdjan et la Russie occupent les rangs les plus bas, tous sous la barre des 10%, la Russie atteignant le score plancher de 2%.

Ces écarts se reflètent dans les moyennes : 43% pour l'ensemble de l'Europe, 52% pour les pays de l'Union européenne, soulignant le chemin qu'il reste à parcourir à l'échelle du continent.

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5