La reine Mathilde préside depuis dimanche sa première mission économique belge, en Turquie. Elle emmène une vaste délégation ministérielle et d'entreprises à Istanbul et Ankara, dans le cadre d'une visite de cinq jours centrée sur la transition énergétique, le transport et la logistique, la santé et le pharma, l'aérospatial et la défense ainsi que la numérisation et l'industrie 4.0.
La reine Mathilde prend la tête de sa première mission économique en Turquie
La souveraine prend ainsi le relais de la princesse Astrid qui avait demandé en novembre dernier au roi Philippe d'être déchargée des responsabilités qu'elle endossait à la tête des missions économiques belges depuis 2013. Après avoir effectué 24 missions à l'étranger, la princesse a évoqué des problèmes de santé l'empêchant de poursuivre de telles activités.
La reine Mathilde assumera ce rôle, en attendant que sa fille, la princesse Elisabeth, reprenne cette responsabilité à l'issue de ses études supérieures. Il ne s'agit toutefois pas d'une découverte pour la souveraine, qui avait déjà pris part à un tel événement en Turquie en 2012, aux côtés de son époux Philippe, alors prince.
L'objectif de cette mission économique est de renforcer les relations économiques et de poursuivre un partenariat durable avec un pays stratégiquement situé entre l'Europe et l'Asie, dans une région sous tension.
La Turquie, qui a connu l'une des plus fortes croissances des pays de l'OCDE ces vingt dernières années, malgré une inflation record depuis 2022, reste un partenaire important pour la Belgique: Ankara était l'an dernier le 15e fournisseur mondial de Bruxelles, qui est son 20e plus grand client de marchandises.
Sur la base des données de l'Agence pour le commerce extérieur, la Belgique exporte majoritairement en Turquie des produits chimiques, du plastique ainsi que des machines, et importe principalement des équipements liés aux transports, des métaux et des machines.
Outre les plus de 200 entreprises attendues, le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot, le ministre de la Défense et du Commerce extérieur Theo Francken, le ministre-président de la Région bruxelloise Boris Dilliès, le ministre-président flamand Matthias Diependaele et le ministre wallon de l'Économie Pierre-Yves Jeholet accompagnent la reine lors de cette mission. Cette dernière ne participera par ailleurs qu'aux trois premières journées du voyage, pour des raisons d'incompatibilité d'agenda, a précisé le Palais royal.
Une rencontre avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan est notamment prévue, entre des visites d'entreprises locales, des événements de réseautage et des conférences sur les thèmes de la transition énergétique, de la défense ou encore des assurances.
Le beau-fils d'Erdoğan présente les drones de la société turque Baykar
La société, dont le président du conseil d'administration est le beau-fils du président Recep Tayyip Erdoğan, a présenté les drones qui ont fait sa renommée, notamment en Ukraine, et ses innovations autonomes devant un parterre d'une centaine de représentants d'entreprises belges.
"D'une start-up de 10 personnes, nous disposons aujourd'hui de plus de 8.000 employés", s'est plu à indiquer Selçuk Bayraktar, président du conseil d'administration, au côté de son frère Haluk, CEO de l'entreprise fondée dans les années 80 par leur père.
Devant des représentants de la Défense belge et des acteurs belges du secteur, le beau-fils du président Erdoğan - Selçuk Bayraktar est marié à la fille du dirigeant, Sümeyye - a présenté l'histoire et le catalogue d'une entreprise au chiffre d'affaires de 2,5 milliards de dollars en 2025, parmi lesquels 85% d'exports. Des premiers prototypes aux nouveaux avions de combat autonomes en passant par le TB2 et le TB3, ces "petits" drones qui ont fait la renommée de l'entreprise en Ukraine notamment.

